Lundi, j’ai répondu avec grand plaisir à l’invitation d’Alain Bonhomme, qui m’avait sollicité pour participer à l’une des commissions conseils, étape qui clôture le stage « longue durée » de formation à la création d’entreprise.
Je dois avouer que j’ai été agréablement surpris. Même si comme certains de mes collègues du « jury », j’ai trouvé que les projets manquaient parfois d’ambition, « de couilles » comme l’a dit l’un des intervenants, je trouve que nous avons vu de beaux projets, portés par des personnes motivées, qui manquent certes parfois un peu de confiance en eux, qui n’ont pas tous la volonté de créer des multinationales, mais qui veulent en tout cas créer leur propre emploi, devenir leur propre patron, et créer de la valeur !
En résumé, voici ce que je leur ai dit lors du débrief de fin de commission :
- tous autant que nous sommes, nous, entrepreneurs, avons nécessairement un côté un peu fou. Il faut en effet être fou pour créer une boîte aujourd’hui quand on connaît le parcours du combattant que cela représente. Mais comme disait l’autre, « heureux les félés car ils laissent passer la lumière ». Alors cultivez cette folie et soyez-en fiers !
- le moment de la création est un instant où nous sommes à la croisée des chemins. Un chemin, celui du salarié, avec tous ses inconvénients d’une part, mais une (relative) sécurité, des tracasseries administratives bien moindres par rapport au statut d’entrepreneur, etc… Et celui plus escarpé mais plus valorisant à mon goût de créateur, d’entrepreneur, où les risques sont quotidiens, où l’on est souvent caution sur ses biens propres, etc… Et rares sont ceux qui choisissent ce chemin si difficile mais si joli…
- l’avenir pour ceux qui choisissent ce chemin sera rempli des moments les plus foireux de leur vie : pas toujours simple d’être un cochon de patron capitaliste qui se gave sur le dos des travailleurs…. Car c’est la vision du patron dans l’imaginaire collectif, même si, pour avoir vu les plans financiers, la plupart des créateurs vivent avec à peine le SMIC pendant les 3 premières années… Et les nuits blanches seront légion (comment payer mes charges sociales ? comment faire en sorte que le client paie dans les délais ? etc)…
- mais l’avenir sera aussi le plus beau qui puisse être : vivre de sa passion, en s’assumant soi-même, quoi de plus beau ? Se lever le matin en étant heureux d’aller bosser est tellement rare et tellement bon !
Alors en conclusion, pour être entrepreneur, il faut être à la fois fou, rigoureux, passionné, persévérant, résistant au stress, calme, posé, dynamique, etc… Bref, facile ! Alors, et vous, vous créez quand ????