Voila, c’est ce que je propose. Fut un temps où le métier de banquier était vraiment monotone et chiant. C’était le temps où les banques de dépôts n’avaient pas par ailleurs une activité de banque d’investissement. Les banquiers étaient des gestionnaires, et géraient en bons pères de familles l’argent qui était déposé chez eux. Evidemment, les exigences des clients n’étaient pas des rentabilités énormes comme c’est parfois le cas aujourd’hui, mais en même temps les clients n’étaient pas abreuvés de balivernes leur faisant croire qu’avec tel ou tel placement boursier ils allaient faire fortune rapidement… Bref, les banquiers n’étaient pas les actuels initiés du monde de la finance, qui se servent de l’argent de personnes moins bien informés pour investir à tout va, soutenir artificiellement les cours des actions sur lesquels eux-même ont investi, le tout dans un tourbillon infernal qui les pousse à accélérer les investissements et à augmenter leurs marges personnelles au fur et à mesure que le mur approche, histoire de se gaver au maximum avant la collision…
Voici ce qui s’est passé. Et ce qui se passera à nouveau d’ici quelques temps si l’on ne change pas les choses… Il est dans la nature humaine de tirer la couverture à soi si cela est possible, et l’humilité actuelle du monde de la finance est une humilité forcée : il faut bien que les gogos de contribuables acceptent de refinancer le système que les financiers ont fait exploser… Mais ne vous y trompez pas, cela repartira de plus belle d’ici peu si l’on n’y met pas de limites.
Pour moi, une première limite assez simple et qui pourrait être efficace, serait le retour à la séparation entre banques de dépôts, qui relèvent du service public et qui implique donc la garantie de ces dépôts par les états, et banques d’investissements, qui ont le droit de jouer, de prendre des risques, éventuellement de gagner beaucoup d’argent, etc… Mais qui doivent les assumer, et que l’état ne devra pas secourir si elles viennent à faire faillite. Certes, le métier de banquier perdrait de sa superbe, redeviendrait chiant, et certaines de nos « élites » se mettraient à préférer des métiers d’ingénieurs, de chercheurs, etc… plutôt que le job de banquier…
L’une des erreurs du système est l’imbrication de ces deux types de banques, ce qui fait que les états sont contraints de refinancer les perversions du système afin de préserver les dépôts des épargnants.
Il faut y mettre fin.