Archive pour mars 2010

Pavillon des arts et du design de Paris

Samedi 27 mars 2010

Hier, promenade dans Paris, avec un long moment au Pavillon des Arts et du Design. Merci à Valérie de Marcel et Moi, votre fournisseur de T-shirts super sympas, de m’avoir offert ses places…

Et ces deux heures furent en quelque sorte hors du temps… On passe d’un stand sur lequel le mobilier est d’une originalité folle, à un autre d’un clacissisme flagrant, la plupart du temps avec comme fil conducteur ce que j’appelle le bon goût…
De superbes luminaires avant-gardistes, faits de fils de lumière et de leurs reflets dans un miroir, d’une classe folle… Des pièces de mobilier dans des matières surprenantes…

Et l’on découvre des oeuvres d’artistes célèbres et inconnus, des tableaux que pour certains je ne voudrais surtout pas voir dans mon salon, et que pour d’autres j’achèterais immédiatement si j’en avais les moyens…
Notamment, 3 superbes Soulages, dont 2 essentiellement qui m’ont fasciné, encore une fois, par le jeu des matières, des lumières, malgré l’utilisation des couleurs toujours sombres…
Et ces jeux de formes, que l’on a retrouvé dans une autre oeuvre, plus loin, sur l’avant dernier stand avant la sortie, avec aussi des jeux de matière, des transparence, qui permettent de jouer avec les ombres, et de modifier complétement l’oeuvre en fonction de la position du spectateur et de l’orientation de l’éclairage…

Enfin, des échanges, encore et toujours, avec les personnes sur les stands, spécialistes éclairés qui prennent le temps de nous expliquer les choses, mais aussi entre nous, sur nos visions respectives de l’art, de ce que nous aimons ou pas, et pour quelles raisons… Et ça aussi, cette communication, c’est tout un art, et peut-être le plus beau : l’art n’est-il pas finalement « seulement » un superbe moyen d’expression, de communication ?

Merci Monsieur Trichet !

Vendredi 26 mars 2010

Je le dis tout net : l’accord trouvé à l’arrachée par Nicolas Sarkozy avec la chancelière allemande Angela Merkel n’est que de la poudre aux yeux. En effet, si la responsabilité des états européens reste prépondérante dans le plan proposé pour sauver la Grèce, je vois au moins deux problèmes :
- ce plan ne sera mis en place que si la Grèce est au bord de la cessation de paiement, car l’Allemagne a déjà annoncé qu’elle considère que 350 points de base entre les prêts qui lui sont octroyés et ceux proposés à la Grèce ne lui semblent pas « déraisonnable »,
- on demande au FMI d’intervenir de façon minoritaire mais substantielle (1/3 au moins) dans un éventuel plan de secours… Et ceci me semble débile car la Grèce n’est pas confrontée à une crise monétaire mais budgétaire, ce qui d’après moi ne relève pas du FMI.
J’ajoute enfin que Merkel se garde la possibilité d’utiliser le droit de veto allemand lors d’un Conseil, devant lequel un tel plan devrait passer avant d’être mis en place…

Donc pour moi, l’accord trouvé ne change rien, et les marchés vont pouvoir continuer à se gaver sur le dos des citoyens grecs, puisque la Grèce n’a pas de problème à trouver de l’argent, si elle accepte des taux d’intérêts exorbitants, ce que ses partenaires européens par l’accord d’hier l’incitent à faire !

Par contre, j’admire de plus en plus la façon de Jean-Claude Trichet de gérer les événements récents. Il vient en effet grosso-modo d’annoncer qu’il continuerait à accepter les dépôts de dette grecque comme garanties de prêts…
En effet, alors qu’il avait annoncé un « retour à la normale » sur les conditions de prêts par la Banque Centrale Européenne pour fin 2010 (acceptation de dettes d’états notés au pire A-), il annoncé qu’il maintiendrait finalement au delà de 2010 une acceptation des dettes d’états notés jusqu’à BBB-. Sachant que la Grèce est notée BBB+, cela revient à dire aux marchés « n’ayez pas trop de crainte, je continuerai à vous prêter de l’argent si vous venez avec de la dette grecque », ce qui devrait rassurer les dits marchés.

Je retiens enfin ces quelques phrases de Jean-Claude Trichet : « nous devons raviver le sens de la cause commune qui a motivé nos pères fondateurs ». « Aujourd’hui, l’Europe fait face à des décisions cruciales : nous avons besoin de renforcer la surveillance et de renforcer la coopération ». Vraiment, bravo monsieur Trichet, vous êtes un grand européen.

l’Arnacoeur, Romain Duris et Vanessa Paradis…

Mercredi 24 mars 2010

J’ai été plutôt dur dans mes critiques ces derniers temps, mis à part avec l’excellent ghost writer… A me demander si c’est moi qui ne choisissais que des daubes, si la production actuelle est vraiment pourrie, ou encore si je suis difficile à satisfaire…

Mais là, deuxième point de satisfaction avec cet arnacoeur qui, nous public, ne nous arnaque pas !

Un duo glamour à souhait avec Romain Duris et Vanessa Paradis (que j’adore vraiment comme actrice), un duo de rôles secondaires savoureux et drôles, qui donnent une vraie couleur à cette espèce de comédie romantique qui aurait pu n’en être qu’une parmi tant d’autres…

En effet, le scénario en lui-même ne casse pas 3 pattes à un canard… Une équipe de briseurs de couples professionnelle, qui accepte un gros contrat pourtant extrêmement difficile (le couple à séparer semble amoureux, le futur époux est attentionné, beau, riche, classe, cultivé, et j’en passe, etc) afin de rembourser des dettes, la difficulté qui crée le challenge, et Romain Duris qui se laisse petit à petit séduire par cette femme mystérieuse campée par Vanessa Paradis… Rien que de très banal…

Mais l’interprétation est juste, le cadre est magnifique, l’alternance du glamour et de l’humour fonctionne bien, avec comme cadre enchanteur la Riviera… On se laisse agréablement porter vers une fin tellement prévisible qu’elle en devient presque surprenante, comme un ciel tellement gris peut d’un coup devenir bleu par la magie d’une évidence qui se découvre….

Bad Lieutenant, film médiocre…

Mardi 23 mars 2010

Ce n’est pas un navet… Voila pour les choses agréables… C’est fait.
Bon, ok, donnons quelques détails : Nicolas Cage est plutôt bon dans le rôle du flic déjanté, en proie à tous les démons possibles et imaginables, et Eva Mendes joue parfaitement son rôle de pute de luxe camée jusqu’à la moelle…
La trame qui vise l’exploration des risques de dérives de la part des flics qui peuvent basuler du côté des truands est intéressante également, et quelques scènes sont plutôt drôles avec des iguanes qui chantent…

Mais c’est tout ce que je trouve de bon dans ce film… Pour le reste, on repassera… L’enchainement des actions est vraiment téléphoné, la cohérence et la cohésion du scénario sont carrément foireuses, le film finit presque par être longuet…
On peut aussi regretter que le filon de la New Orleans ne soit pas plus exploité : cette ville renvoie à tout un imaginaire, à des atmosphères qui sont totalement absentes de ce film, à l’exception de quelques caïmans, iguanes, et de discussions oiseuses à un moment du film concernant d’éventuels programmes immobiliers sur le bayou…
Enfin, on accumule les stéréotypes tout au long du film…

Vraiment, après avoir vu un film tel que Ghost Writer dernièrement, je crois que c’est difficile de retourner au cinéma…

Laos, retour au pays des ancêtres et des fantômes

Jeudi 18 mars 2010

Dimanche, avant d’aller assister avec SoniaLB à la projection de Ghost Writer, j’ai eu le plaisir de passer visiter une très jolie exposition de photos à la collégiale Saint-Pierre-le-Puellier à Orléans.

Le thème en était le Laos. La trame se basait sur le retour d’une petite vingtaine de jeunes ayant des origines au Laos sur le sol qui avait vu grandir, pour la plupart, leurs parents avant leur voyage sans retour vers la France… Ces jeunes étaient accompagnés d’une photographe, qui a fixé sur papier glacé une réalité qui était, quant à elle, tout sauf glacée !

En effet, l’émotion de ce voyage initiatique chez ces adolescents ou jeunes adultes était palpable. On sentait qu’il était pour eux une façon de comprendre de nombreux rites et coutumes que leurs parents leur avaient transmis, mais aussi de se plonger dans la culture de leurs ancêtres, si différente de la culture française, mais qu’ils ont tout de même de chevillée au corps tant leurs parents les en ont imprégnés.

Un voyage merveilleux, qui leur a également permis, pour un grand nombre, des retrouvailles avec des oncles, tantes, cousins, cousines, grand-parents, pour certains inconnus avant ce périple… Et qui nous transporte, nous européens, loin de chez nous, dans un monde basé sur des valeurs bien différentes de celles de notre société de consommation…

Je retiendrai notamment ce témoignage d’un jeune homme de 17 ans qui nous explique qu’il est difficile de vivre à cheval sur deux cultures, et qu’il s’agit pour lui de retenir ce qu’il y a de meilleur dans chacune d’elle : il est français, né en France, vivant en France, avec les règles françaises, mais souhaite également ne pas oublier les valeurs d’entraide et de solidarité de sa culture ancestrale…
Et ça, pour moi, ce serait une superbe contribution à ce débat sur l’identité nationale, bien au delà des stigmatisations habituelles…

Ghost Writer, de Roman Polanski

Mercredi 17 mars 2010

Disons le tout net, je n’aime pas la personne qu’est Roman Polanski. Et ce n’est pas le génie qu’il a mis dans son film qui va me faire changer d’avis.
Car si je n’aime pas l’homme, le réalisateur est vraiment un grand monsieur du cinéma. Et ce film en est sa plus brillante illustration depuis longtemps.

Un thriller haletant, qui mêle probablement un peu de réalité (Adam Lang, le premier ministre britannique fictif, rappelle étrangement par ses positions un certain Tony Blair) avec un ensemble bien évidemment fictif, le tout dans un quasi huis-clos oppressant… Imaginez-vous être « l’écrivain fantôme », le « ghost writer », d’un animal politique, et vous retrouver en hiver sur une île, isolé de tout à la fois par la mer et les tempêtes, mais aussi par l’enfermement bien légitime des hommes de pouvoir dans une cage dorée, une superbe résidence en bord de mer… Et là, vous découvrez que le décès de celui qui vous précédait comme nègre n’est probablement pas aussi accidentel que ce que l’on veut bien dire.
Ajoutez à cela une femme superbe, de grande classe, tout à la fois brillante et manipulatrice, qui vous joue le grand jeu de la séduction pour obtenir vos confidences, et vous aurez tous les ingrédients de ce film…

Mais ceci ne serait qu’un bon scénario, non pas un bon film, si nous en restions là… Et c’est ici qu’entre en scène de grands acteurs (Mac Gregor et Brosnan, mais aussi Olivia Williams et Kim Cattrall), et un réalisateur impeccable. Vraiment du grand art. Autant j’ai été déçu par Shutter Island, autant j’ai été fasciné par ce film.

Enfin, j’ai forcément un peu souri en me disant qu’au final, la situation d’Adam Lang qui est contraint de rester enfermé dans sa maison aux USA, loin de son pays d’origine le Royaume-Uni, peut un peu faire penser à… Roman Polanski, assigné à résidence dans son chalet à Gstaad… Ou, encore une fois, quand la fiction rejoint partiellement des formes de réalité…

Thelma, Louise et Chantal

Mardi 16 mars 2010

Alors tout de suite, disons-le, rien à voir avec Thelma et Louise de Ridley Scott ! Par contre, c’est un road movie relativement savoureux, porté par un casting très agréable.

Trois femmes, la cinquantaine, aussi différentes qu’intéressantes une à une, cassées, brisées, pour des raisons diverses. Trois femmes amoureuses, depuis de nombreuses années, d’un même homme, homme dans toute la splendeur des clichés qu’on attache au séducteur irrespectueux, coureur invétéré, etc… Bref, amoureuses d’un connard fini !

Et pourtant, elles vont choisir de partir par les chemins de traverse pour se rendre à son mariage à la Rochelle, et les masques de chacune d’entre elles vont se fissurer au cours de ce voyage, pour une fin de film en apothéose durant laquelle elles finissent par brûler cet homme dont elles avaient pourtant si longtemps magnifier l’image…

Enfin, elles allaient pouvoir entamer le long processus de reconstruction de leurs vies… Mais ceci sonne la fin du film, et j’aurais je pense plaisir à une suite qui pourrait être cette nouvelle vie…

En résumé, et ce malgré quelques longueurs, et une réalisation parfois peu maîtrisée, nous sommes face à un film touchant, émouvant, souvent ironique, amusant et généreux… A signaler enfin la BO par Keren Ann, qui est plutôt sympa…

beaucoup de choses à dire… mais gueule de bois…

Lundi 15 mars 2010

Je crois que je vais devoir reprendre un rythme de publication bien plus rapide que celui qui fut le mien ces derniers temps ! En effet, j’ai énormément de choses à dire… Déjà deux critiques de films en retard, et la visite d’une expo à relater…

Mais, ce matin, je me réveille surtout avec une bonne gueule de bois… Non, je n’ai pas picolé hier soir (juste un peu trop mangé)… Non, il ne s’agit pas de l’impact sur mon moral de la déroute annoncée du MoDem, avec la barre des 5% franchie de justesse grâce à un énorme score de 7% dans le fief centriste du Loir-et-Cher… Non, ce n’est pas la perspective d’une région Centre qui reste à gauche qui me désole (après tout, Bonneau a plutôt fait un bon boulot)… Non, la montée du FN et de la gauche de la gauche ne me chagrinent pas des masses non plus, tant ceci était prévisible au regard de la pauvreté de l’offre politique actuelle…

Ce qui provoque cette gueule de bois, c’est une rencontre, faite sur les quais de Loire hier soir, en sortant du ciné… Nous sommes passés à côté d’un SDF, installé là, en retournant chercher la voiture pour rentrer dans nos chez nous surchauffés respectifs… Je ne l’avais même pas vu au premier coup d’oeil, et le temps d’en prendre conscience, nous étions à la voiture… Je n’ai pas pu m’empêcher de donner les clés de la voiture à Soso et de faire demi-tour pour aller échanger quelques mots avec lui, lui demander si ça allait, et lui donner le peu de monnaie qu’il me restait sur moi… Maigre réconfort j’en ai conscience, mais j’espère avoir pu lui apporter un peu d’humanité tout de même…

Et je me dis que pendant que certains arrosaient leurs réussites ou noyaient leur déception dans le champagne, ou que moi-même je continuais de vivre ma jeunesse dorée de « cadre dynamique », pour d’autres, rien ne changeait et la vie était toujours aussi difficile… Il n’avait pour se nourrir que quelques bonbons, que des passants lui avaient laissés en fin d’après-midi…

De retour à Orléans…

Mardi 9 mars 2010

Il y a quelques temps déjà que je n’ai rien publié… Et pour cause, j’étais dans mes montagnes natales, à la fois pour me détendre, passer un peu de temps avec ma famille, et travailler avec SoniaLB sur un projet de création d’activité… Autant vous dire tout de suite que ce n’est pas le dernier point qui nous a le plus occupé !

Entre les moments partagés avec mes proches, les promenades en raquettes dans sur les cimes enneigées, un super repas au resto, et quand même quelques heures de travail, je dois avouer que je n’ai clairement pas pensé une seule seconde à rédiger un article…

Nous allons donc reprendre un rythme normal dans les jours qui viennent !

Mais quand même, la preuve que je pensais à vous, j’ai fait une petite vidéo, que j’ai juste oublié de publier le soir en rentrant !!!

Théâtre d’improvisation, Mefisto, Fleury les Aubrais

Mardi 2 mars 2010

Un tout petit poste pour vous dire que ce week-end, j’étais avec Céline à la Passerelle, cette superbe salle de Fleury-les-Aubrais, pour encourager l’équipe de Méfisto dans un très amusant match d’improvisation contre le club de la Brique, venu de Toulouse.

Vraiment un excellent moment, où j’ai pu retrouver mon ami Yan et sa charmante épouse (je ne fais pas parti de ceux qui trouve que la grossesse rend forcément une femme épanouie, mais là, c’est vraiment le cas !); ainsi que le fameux chat de gouttière… Je vous invite à retrouver le compte-rendu de cette soirée sur le blog de Yan !

Shutter Island, Scorcese et Di Caprio…

Lundi 1 mars 2010

Hier soir, j’ai fait une infidélité cinématographique à ma Soso, puisque je suis allé voir Shutter Island avec Hélène…

J’avoue que je ne sais pas trop que penser de ce film… Hélène s’empresserait de dire que c’était nul et qu’elle a failli s’endormir plusieurs fois… Je dois avouer que l’impression que ça ne démarre jamais est partagée…

Cependant, je trouve que certains aspects sont intéressants : le traitement, si j’ose dire, de la notion de psychiatrie dans les années 50 est intéressante. Cela nous plonge dans un univers difficile, souvent sordide. Par ailleurs, Scorcese manie à merveille l’art de mélanger rêves et réalité, passé et présent… Quitte à nous perdre par moment car l’on ne sait plus trop où l’on en est…

Et c’est bien là le problème : on ne s’y retrouve plus dans ce film, et ce jusqu’à 10 minutes de la fin… Et encore ! La dernière scène laisse une question tellement ouverte, que l’on se perd de nouveau en conjectures au moment de sortir de la salle…
Ajoutez à cela un Léonardo Di Caprio très franchement médiocre, et vous comprendrez qu’en allant au resto après la séance, vous avez envie de parler de tout sauf de ce film…