Hier, en conclusion, suite à une question d’Yves Broussoux, Président de la CCI du Loiret, Jacques Attali a expliqué que s’il avait 20 ans aujourd’hui, et qu’il voyait les jeunes qui ont 25 ans et bac +5 travailler dans des métiers complètement déconnectés de leurs cursus et sous-payés, il ferait la révolution lui-même.
Je pense que énormément de choses sont présentes derrière cette phrase en apparence simpliste.
Nous sommes réellement au bord, en plus d’un gouffre économique, d’un gouffre sociétal. En effet :
- la tension sociale est de plus en plus importante, et la grève de jeudi sera un véritable test pour le nouveau Ministre du travail,
- la méfiance envers les politiques croît chaque jour, et les espérances du « tout devient possible » de Sarkozy en 2007 sont en train d’être balayées, peut-être même pas en raison d’un mauvais travail du gouvernement, mais en raison d’un contexte international défavorable. En fait, le seul reproche que je ferais à notre Président actuellement est d’avoir pris des engagements à l’époque qu’il savait qu’il ne pourrait pas tenir…
- la jeune génération n’a plus d’espoir, ne se voit pas d’avenir, et surtout, ce qui est le plus grave, commence à prendre conscience que pour la première fois dans l’histoire, elle risque de vivre moins bien que la génération précédente…
Ceci m’amène naturellement à dire qu’il suffira d’une toute petite étincelle pour faire exploser notre société, comme ce fut le cas voici quelques semaines en Grèce. C’est probablement la raison des dernières reculades du gouvernement français sur des projets de réformes controversées…
Et c’est enfin là que je pense que Sarkozy est aujourd’hui dans une impasse : les réformes qu’il envisage sont nécessaire et il faut les faire rapidement, mais s’il les fait, il sera inévitablement confronté à des problèmes sociétaux d’une ampleur rarement connue… Alors que faire ? J’avoue mon ignorance sur cet aspect…
décidément johann ! Je viens d’écrire un billet sur l’ANPE qui pourrait illustrer la phrase d’Attali…
Moi j’aime bien les personnes comme Attali qui, très proches du pouvoir pendant des décennies, n’ont rien fait pour éviter les anomalies d’un système qu’ils ont contribué à entretenir.
Moi j’aime les personnes qui peuvent dire « moi j’ai réalisé ça, et ça fonctionne ». Si je me souviens bien, c’est ce même Attali qui dirigea la BERD installée à Londres où il se comporta plutôt comme Attila par les dépenses de prestige colossales qu’il engagea et qui contribuèrent à le faire virer !
Alors les conseils du révolutionnaire Attali, jeunes que vous êtes, faites-en l’usage qu’ils méritent.
@dPm : j’ai moi-même exprimé qqs doutes concernant cette clairvoyance d’Attali dans mon précédent article….
J’ai vu lundi soir dans la salle un certain nombre de personnes qui ont déjà engagé leur révolution… Que font les jeunes, qui ont fait des études (et ceux qui n’en n’ont pas fait, d’ailleurs) et que le marché n’embauche pas aux conditions désirées ?
Il y en a qui créent leur propre activité : auto entreprise, Sarl, Eurl… ils se créent un emploi, et ils participent à un effort collectif : impots, création d’emplois, création de valeur…
Et plus que tout, ils façonnent le monde avec leurs rêves et leur mains.
Pour moi, c’est ça, la vrai révolution !
D’autre part, concernant le discours en lui même, j’ai constaté que Monsieur Attali a observé la situation mondiale selon le postulat de la croissance. Sans oser parler de décroissance, je me plais à imaginer l’avenir en termes d’équilibre. Équilibre des ressources et des besoins, avec une poursuite, dans la mesure du possible de la croissance des ressources, et une maîtrise (nécessaire) des besoins…
La terre, notre corne d’abondance est limitée !
Merci encore de m’avoir permis d’assister à cette conférence, et merci d’ouvrir un débat, c’est bien ça qui est le plus amusant…
Un autre point de vue
http://www.beaugency.info/index.php?option=com_content&task=view&id=94&Itemid=59
@Charlotte : c’est un vrai plaisir pour moi d’avoir pu contribuer à ta présence lundi dernier… J’ai parlé de toi ce matin avec Frédéric Ros, directeur du technopôle. A très bientôt.
Attention, François, je ne fais pas l’apologie d’Attali… Lis l’article précédent, et tu verras que je critique aussi son positionnement sur certains aspects…
Bravo, Charlotte, de tout coeur avec vous; n’attendez rien des beaux discours, retroussez vos manches, bousculez les pouvoirs (politiques, entrepreneurs etc) sans complexe, c’est en effet ça la nouvelle forme de révolution.
Cordialement.
@Johann
Dont acte.
Certains articles (comme ceux de Yo sur ce blog), sont généralement bien écris et pleins de bon sens ; mais je suis plutôt d’accord avec Charlotte et dPm : c’est toujours intéressant d’écouter de beaux discours, mais tellement mieux de faire les choses…
Mon ressenti sur le discours d’Attali pourrait se résumer ainsi : « L’avenir sera très noir, ou alors très blanc. Dans les deux cas, je pourrais dire ensuite que je vous avais prévenu ». Par contre la performance d’orateur (1 heure sans notes, avec des exemples, quelques bons mots, et beaucoup de chiffres) est à saluer.
@oliv’ : je suis 100% d’accord avec toi… c’est d’ailleurs pour ça que dans le précédent article, je dis que je n’aborde pas la question de la prévision de la crise… Quand il nous dit qu’il l’avait prévu, moi, je rigole… il avait prévu une croissance de 2% fin 2009…
)… Je le trouve bien plus brillant à l’écrit qu’à l’oral, ce monsieur…
Par contre, je ne l’ai pas trouvé extrêmement brillant comme orateur, contrairement à toi : sans notes et avec des chiffres, quand c’est ton job, je trouve cela assez normal… Si je te présente le business plan de biochemics, je peux te le faire avec ts les chiffres que tu veux, pendant 3 heures, sans note, et ptètre même avec humour (bon, ok, ce serait bcp me demander
@ Johann : entièrement d’accord. Quand on possède bien son sujet et qu’on va de conférence en conférence et de plateau de télé en studio de radio débiter la même chose, le discours est rôdé… normalement.