Archive pour la catégorie ‘cinéma’

Tout ce qui brille…

Mardi 13 avril 2010

Ce film, que j’ai vu il y a déjà bien 15 jours, est une jolie comédie, fraîche, enlevée et dynamique.

Bien sûr, le sujet n’a rien de bien original, puisqu’il retrace l’histoire de deux jeunes filles qui vivent en banlieue et sont attirées par les lumières, les strass et les paillettes de la tour Eiffel, de l’autre côté du périph, avec la chaleur et la torpeur des nuits parisiennes…
Rien d’original non plus dans l’enchaînement des actions : une amitié au départ, qui va s’effilocher car l’une des deux protagonistes va se prendre un peu plus que l’autre au jeu du mensonge et se brûler les ailes sous les sunlights de la jet set, avant un happy end où elles se retrouvent bien évidemment…

Mais un trio d’actrices qui fonctionnent très bien, un vrai naturel dans le jeu, quelques situations vraiment bien senties, et aussi et surtout une vraie émotion qui passe, pour une histoire au final très plausible, et où l’on sent que cela doit arriver dans « la vraie vie »…

Une belle histoire d’amitié, peut-être même de passion entre ces deux jeunes filles, qui fait que nous passons, devant ce film, une heure et demie sympathiques !

l’Arnacoeur, Romain Duris et Vanessa Paradis…

Mercredi 24 mars 2010

J’ai été plutôt dur dans mes critiques ces derniers temps, mis à part avec l’excellent ghost writer… A me demander si c’est moi qui ne choisissais que des daubes, si la production actuelle est vraiment pourrie, ou encore si je suis difficile à satisfaire…

Mais là, deuxième point de satisfaction avec cet arnacoeur qui, nous public, ne nous arnaque pas !

Un duo glamour à souhait avec Romain Duris et Vanessa Paradis (que j’adore vraiment comme actrice), un duo de rôles secondaires savoureux et drôles, qui donnent une vraie couleur à cette espèce de comédie romantique qui aurait pu n’en être qu’une parmi tant d’autres…

En effet, le scénario en lui-même ne casse pas 3 pattes à un canard… Une équipe de briseurs de couples professionnelle, qui accepte un gros contrat pourtant extrêmement difficile (le couple à séparer semble amoureux, le futur époux est attentionné, beau, riche, classe, cultivé, et j’en passe, etc) afin de rembourser des dettes, la difficulté qui crée le challenge, et Romain Duris qui se laisse petit à petit séduire par cette femme mystérieuse campée par Vanessa Paradis… Rien que de très banal…

Mais l’interprétation est juste, le cadre est magnifique, l’alternance du glamour et de l’humour fonctionne bien, avec comme cadre enchanteur la Riviera… On se laisse agréablement porter vers une fin tellement prévisible qu’elle en devient presque surprenante, comme un ciel tellement gris peut d’un coup devenir bleu par la magie d’une évidence qui se découvre….

Ghost Writer, de Roman Polanski

Mercredi 17 mars 2010

Disons le tout net, je n’aime pas la personne qu’est Roman Polanski. Et ce n’est pas le génie qu’il a mis dans son film qui va me faire changer d’avis.
Car si je n’aime pas l’homme, le réalisateur est vraiment un grand monsieur du cinéma. Et ce film en est sa plus brillante illustration depuis longtemps.

Un thriller haletant, qui mêle probablement un peu de réalité (Adam Lang, le premier ministre britannique fictif, rappelle étrangement par ses positions un certain Tony Blair) avec un ensemble bien évidemment fictif, le tout dans un quasi huis-clos oppressant… Imaginez-vous être « l’écrivain fantôme », le « ghost writer », d’un animal politique, et vous retrouver en hiver sur une île, isolé de tout à la fois par la mer et les tempêtes, mais aussi par l’enfermement bien légitime des hommes de pouvoir dans une cage dorée, une superbe résidence en bord de mer… Et là, vous découvrez que le décès de celui qui vous précédait comme nègre n’est probablement pas aussi accidentel que ce que l’on veut bien dire.
Ajoutez à cela une femme superbe, de grande classe, tout à la fois brillante et manipulatrice, qui vous joue le grand jeu de la séduction pour obtenir vos confidences, et vous aurez tous les ingrédients de ce film…

Mais ceci ne serait qu’un bon scénario, non pas un bon film, si nous en restions là… Et c’est ici qu’entre en scène de grands acteurs (Mac Gregor et Brosnan, mais aussi Olivia Williams et Kim Cattrall), et un réalisateur impeccable. Vraiment du grand art. Autant j’ai été déçu par Shutter Island, autant j’ai été fasciné par ce film.

Enfin, j’ai forcément un peu souri en me disant qu’au final, la situation d’Adam Lang qui est contraint de rester enfermé dans sa maison aux USA, loin de son pays d’origine le Royaume-Uni, peut un peu faire penser à… Roman Polanski, assigné à résidence dans son chalet à Gstaad… Ou, encore une fois, quand la fiction rejoint partiellement des formes de réalité…

Thelma, Louise et Chantal

Mardi 16 mars 2010

Alors tout de suite, disons-le, rien à voir avec Thelma et Louise de Ridley Scott ! Par contre, c’est un road movie relativement savoureux, porté par un casting très agréable.

Trois femmes, la cinquantaine, aussi différentes qu’intéressantes une à une, cassées, brisées, pour des raisons diverses. Trois femmes amoureuses, depuis de nombreuses années, d’un même homme, homme dans toute la splendeur des clichés qu’on attache au séducteur irrespectueux, coureur invétéré, etc… Bref, amoureuses d’un connard fini !

Et pourtant, elles vont choisir de partir par les chemins de traverse pour se rendre à son mariage à la Rochelle, et les masques de chacune d’entre elles vont se fissurer au cours de ce voyage, pour une fin de film en apothéose durant laquelle elles finissent par brûler cet homme dont elles avaient pourtant si longtemps magnifier l’image…

Enfin, elles allaient pouvoir entamer le long processus de reconstruction de leurs vies… Mais ceci sonne la fin du film, et j’aurais je pense plaisir à une suite qui pourrait être cette nouvelle vie…

En résumé, et ce malgré quelques longueurs, et une réalisation parfois peu maîtrisée, nous sommes face à un film touchant, émouvant, souvent ironique, amusant et généreux… A signaler enfin la BO par Keren Ann, qui est plutôt sympa…

Shutter Island, Scorcese et Di Caprio…

Lundi 1 mars 2010

Hier soir, j’ai fait une infidélité cinématographique à ma Soso, puisque je suis allé voir Shutter Island avec Hélène…

J’avoue que je ne sais pas trop que penser de ce film… Hélène s’empresserait de dire que c’était nul et qu’elle a failli s’endormir plusieurs fois… Je dois avouer que l’impression que ça ne démarre jamais est partagée…

Cependant, je trouve que certains aspects sont intéressants : le traitement, si j’ose dire, de la notion de psychiatrie dans les années 50 est intéressante. Cela nous plonge dans un univers difficile, souvent sordide. Par ailleurs, Scorcese manie à merveille l’art de mélanger rêves et réalité, passé et présent… Quitte à nous perdre par moment car l’on ne sait plus trop où l’on en est…

Et c’est bien là le problème : on ne s’y retrouve plus dans ce film, et ce jusqu’à 10 minutes de la fin… Et encore ! La dernière scène laisse une question tellement ouverte, que l’on se perd de nouveau en conjectures au moment de sortir de la salle…
Ajoutez à cela un Léonardo Di Caprio très franchement médiocre, et vous comprendrez qu’en allant au resto après la séance, vous avez envie de parler de tout sauf de ce film…

Valentine’s day

Lundi 15 février 2010

Voila comment j’ai occupé cette soirée de Saint-Valentin en célibataire : en me rendant en très charmante compagnie (Sonialb, Adeline et Céline, what else ?) visionner en avant-première le film Valentine’s day, réalisé par M. Pretty Woman, Garry Marshall.
Eh bien je crois que c’est bien la seule raison de la présence de Julia Roberts au casting, une forme d’hommage au réalisateur qui l’a rendue célèbre…

En effet, si l’idée est intéressante que d’explorer les mystères de l’Amour et d’adopter l’angle de la journée censée symboliser ce sentiment, il faut aussi admettre que nous avons droit à une réalisation assez pitoyable, à des situations de la meilleure guimauve imaginable et à des acteurs peu convaincants malgré un casting intéressant…
Dommage, car le fond de l’histoire qui explique qu’il ne faut pas confondre amour et passion, qui montre qu’il ne faut pas forcément aller chercher très loin ce que l’on a proche de soi, aurait pu être crédible…

Mais c’est là qu’on voit la différence par exemple entre un Woody Allen et son Whatever works, et un Garry Marshall et Valentine’s day…

Au final, quand même une soirée très sympa…

Invictus, de Clint Eastwood…

Mardi 9 février 2010

Quand la petite histoire rejoint la grande, on se demande forcément quel résultat cela va donner. En effet, il est extrêmement difficile de pouvoir traiter un fait historique connu de tous en apportant un nouveau regard, d’autant plus que cela suscite énormément d’attente de la part du spectateur. C’est le défi que s’est fixé Clint Eastwood avec ce Invictus qui retrace d’une manière originale, à travers la coupe de monde de rugby de 95, la volonté de Nelson Mandela de fédérer un peuple qui avait été pendant bien trop longtemps la proie de l’apartheid…

Je dois avouer que ses dernières tentatives dans le registre du traitement de l’Histoire, avec Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo Jima, m’avaient laissé un arrière-goût passablement désagréable et un profond ennui, malgré la qualité de la réalisation. J’ai par contre été un grand fan de ses autres réalisations (million dollar baby, l’échange, gran torino, etc). Je m’attendais donc à tout avant que débute cette séance à laquelle j’ai assisté avec SoniaLB.

J’en sors avec un avis mitigé. L’angle d’approche est intéressant. La réalisation, bien qu’assez classique, est à mon goût impeccable. Nelson Mandela est servi par un grand Morgan Freeman, et Matt Damon est relativement crédible dans son rôle de capitaine de l’équipe des Boks. Cependant, le scénario est à mon avis un peu réducteur, les scènes de rugby sont particulièrement mauvaises (même pas dignes des matchs du RCO alors qu’on parle ici des meilleurs joueurs du monde), et cela se voit cruellement à l’écran.

Mon avis est donc que nous sommes face à un film de bonne facture, bien mené, avec une réalisation impeccable, mais qui ne reste qu’un très bon film, et non pas un monument comme ont pu l’être d’autres oeuvres de celui qui reste pour moi l’un des derniers grands réalisateurs du cinéma américain…

Reflets d’ailleurs…

Vendredi 5 février 2010

Hier soir, nous sommes allés, avec ma désormais fidèle organisatrice de mes soirées Sonialb, assister à la projection d’une série de documentaires du réalisateur italien Vittorio de Seta, assez peu connu bien qu’ayant inspiré des personnes telles que Godard.

Des documentaires qui sont autant de portraits et de tranches de vie des peuples sicilien et sarde dans les années 55 à 59. A noter que ceux-ci utilisent déjà les technologies permettant de réaliser en couleur, ce qui était rare à l’époque.
L’étrangeté de ces documentaires, et à mon avis quelque part leur atout, est l’absence de commentaires par une voix off. En effet, seuls les bruits réels des actions sont présents, même s’ils sont enregistrés séparément des images et ensuite post-synchronisés. De cette manière, de Seta ne nous impose pas de ligne directrice trop clair, et laisse notre imaginaire participer à la construction de notre propre documentaire. Je ne suis ainsi pas certain de m’être raconté la même histoire que Soso…

Nous avons eu l’occasion de découvrir la vie des pêcheurs, des paysans, des mineurs, des bergers, mais aussi d’assister à une éruption du Stromboli (non, je n’ai pas à revoir ma géographie, il y avait aussi un documentaire dans les îles éoliennes ;) ).

Un autre point à mon avis intéressant : malgré cette liberté que de Seta nous laisse par l’absence de texte, il existe dans ces documentaires une sorte de mise en scène… Chacun comporte une montée dramatique, depuis la pêche où le rythme s’accélère jusqu’au moment de la capture de l’espadon, jusqu’au reportage au fond de la mine qui se termine sur une image où tous les mineurs se figent et où, si l’on ne le voit pas, on sent arriver le coup de grizou, en passant par l’éruption du Stromboli…

C’est vraiment un autre cinéma que j’ai découvert, loin du schéma classique « production / consommation » actuellement en cours dans tant de compartiments de nos vies…

Gainsbourg, vie héroïque…

Lundi 1 février 2010

Hier soir, pour clôturer un week-end de repos et de soldes, nous sommes allés, avec SoniaLB et Céline, nous plonger dans l’obscurité pour un retour vers le passé dans la vie de Serge Gainsbourg…

Un film réellement intéressant, tant dans la réalisation qui rend naturels les mouvements dans le temps, avec Serge « enfant » qui intervient parfois dans la vie de Serge « adulte », et vice-versa, que dans le choix du mode de narration qui fait parfois intervenir un personnage fictif, devenant de plus en plus réel tout au long du film pour aboutir à la période Gainsbarre…
Il faut aussi signaler que si la vie de Gainsbourg est qualifiée d’héroïque, c’est aussi pour moi parce qu’elle semble extraordinaire, mais assène finalement à des vérités qui, au moins partiellement, renvoient tout un chacun vers sa propre réalité… L’impact de l’enfance sur la vie d’adulte, ces petites voix qui nous dictent nos comportements et que l’on écoute parfois sans trop savoir pourquoi, les interrogations fondamentales de la Vie, pour nous comme pour nos proches, autant de thèmes dans lesquels on ne peut que se projeter, ne serait-ce que quelques minutes…

Alors oui, j’ai passé un vraiment bon moment avec ce Gainsbourg que j’admirais bien avant d’aller voir ce film, et qui reste pour moi probablement l’un des derniers grands poètes à avoir été doté d’une aussi immense musicalité…

Harvey Milk, un bon film…

Mardi 26 janvier 2010

Hier soir, je suis allé avec SoniaLB voir le film Harvey Milk. Je vous invite à lire son compte-rendu sur son blog.

Pour ma part, après réflexion, je dirais que c’est plutôt un bon film. Certes, il y a quelques longueurs. Certes, le thème de la lutte pour les droits civils des homosexuels est un peu éculé (sans mauvais jeu de mot…). Certes, le rôle du Martin Luther King des homos me semble un peu facile…

Mais j’ai trouvé un Sean Penn au mieux de sa forme, qui habite totalement le rôle. Et j’ai aussi et surtout trouvé que c’est un vrai très bon film sur la vie politique, au delà des valeurs défendues…
En effet, ce film montre parfaitement l’acharnement dont il faut faire preuve pour réussir en politique, et cette capacité à résister et rebondir face à une défaite. Il met aussi en lumière une évidence que toutes les personnes qui ont goûté à cet opium, car je maintiens que la chose publique est une drogue, ont pu constater : la solitude du Politique. Car le Politique évolue au milieu d’une foule, parfois immense, mais est généralement seul, et donne tout à sa passion pour au final bien souvent ne rien recevoir en retour.
Enfin, j’ai beaucoup apprécié les jeux de stratégie, les manipulation des masses, de la presse… Bref, tout ce qui fait que de l’activisme et du militantisme, on passe du côté de la politique,