Suite à un commentaire de mon ami Marc dans mon article concernant ma démission de mes responsabilités des Jeunes UDF du Loiret, dans lequel il parlait de transparence et d’honnêteté, je souhaiterais revenir un petit peu sur les qualités et l’éthique que je trouve nécessaires pour pouvoir diriger une entité politique quelle qu’elle soit.
Je vais commencer par les qualités qui me semblent nécessaires.
Tout d’abord, le leader politique doit être un animateur : il doit être doué pour la communication, être prêt à aller à la rencontre des gens, et ne doit pas être gêné par la prise de parole, en public comme en privé. Il doit animer ses réseaux, et cela même quand il n’en a pas besoin. Il doit savoir donner des nouvelles de lui, mais aussi et surtout en prendre des autres régulièrement, et pas uniquement quand il a besoin d’eux… J’ai explosé mes différents forfaits téléphoniques depuis que j’ai commencé à m’intéresser à la politique, mais je ne le regrette pas : même si on me l’a parfois reproché, certaines personnes que j’ai connues dans le milieu politique sont devenues des amis, et j’avoue que les discussions que j’ai encore avec certains Jeunes alors même que j’ai quitté mes fonctions me montrent bien qu’il s’agit de réelles amitiés. Et ce sont aussi ces amitiés qui permettent de mobiliser les gens dans l’action….
Dans le même ordre d’idée, le leader politique doit être inventif : il doit être capable de renouveler sans cesse le type d’actions à mener, pour éviter de lasser et ses militants, et son public. Il doit être force de proposition dans le groupe et c’est lui qui a l’initiative de proposer de nouveaux modes de fonctionnement, ainsi que de nouvelles thématiques de réflexion. Les différentes actions menées par les Jeunes UDF, sous différentes formes, avec le succès que l’on sait, ont montré que l’inventivité paie.
Le leader politique doit être positif. Son rôle est comparable à celui d’un entraineur sportif : il doit motiver les joueurs et pour cela, il doit être lui-même positif. Si lui ne croit pas à la victoire, il sera impossible pour ses joueurs d’y croire eux-même.
Le leader politique doit être… Un leader !!! J’entends par là qu’il est souvent de sa responsabilité de prendre des décisions, et que l’action ne lui laisse pas toujours, et même rarement, le temps de consulter. Il doit alors évaluer ce qu’il juge être la bonne direction à prendre dans l’intérêt du groupe qu’il représente. J’ai plusieurs fois du assumer ce « leadership », d’autant plus que mon Président était pour la plupart du temps absent pour des contraintes personnelles, et je me suis fait taper sur les doigts à plusieurs reprises par certaines personnes. Je confirme que les choix que j’ai fait ont été faits dans l’intérêt des Jeunes UDF, et que si c’était à refaire, je pense que j’agirais de la même manière… Et j’assumerais également les critiques…
Pour poursuivre dans cette même veine, le leader politique doit être un manager. Il doit assumer les décisions qui sont prises par lui ou ses équipes, et en prendre la responsabilité quand il y a un échec, tout en n’oubliant pas d’en redistribuer les mérites lorsqu’il y a une réussite. Beaucoup de Jeunes UDF ont été surpris, durant la campagne présidentielle, de constater que je prenais du temps sur un agenda pourtant très chargé pour les appeler et les remercier d’avoir participé à un évènement que nous organisions. Cette démarche me semble naturelle et nécessaire. Les personnes qui sont présentes sur des évènements sont aussi importantes et même plus que celles qui les organisent, puisque ce sont elles qui donnent vie à l’évènement. Il y a aussi une ou deux décisions qui se sont révélées malheureuses, et que j’assume totalement. Le déménagement de la permanence de l’UDF s’est révélé plus compliqué que prévu, et même si objectivement je ne pouvais pas faire plus que ce que j’ai fait, j’assume complètement la responsabilité de ces complications : j’aurais du les prévoir, et il est hors de question de rejeter la faute sur un des membres de mon équipe.
D’un point de vue éthique, voici comment je vois les choses :
Le leader politique doit être désintéressé à titre personnel. Le jour où le leader politique vit de sa fonction, ou grâce à la politique, la porte est ouverte à toute sorte de compromission. C’est pour cette raison que j’ai beaucoup apprécié durant mon mandat d’avoir un métier qui me fasse vivre, et qui soit complètement déconnecté de la politique. Ceci m’a garanti l’indépendance d’esprit, et m’a donné la possibilité de rester ferme sur les positions des Jeunes, quelle que soit la fonction politique de la personne que j’avais en face de moi. Il est arrivé -rarement- que les jeunes soient en désaccord avec certains de leurs aînés. J’ai pu l’exprimer sans crainte de perdre quoi que ce soit, puisque je ne devais rien à personne.
Le leader politique doit être honnête. Je parle ici de deux sortes d’honnêtetés. La première, l’honnêteté face à la loi, devrait aller sans dire mais je crois qu’il n’est jamais inutile de répéter… La deuxième est ce que je qualifie d’honnêteté intellectuelle. Ceci consiste essentiellement en une fidélité à ses idées. Il doit être impossible pour un leader politique de pervertir sa façon de penser afin de préserver une fonction ou un mandat… Les idéaux, comme le mot l’indique, sont des idéaux et ne doivent pas être sacrifier pour un maroquin ou pour la gloire d’un titre. C’est important de le rappeler à l’heure où approchent les échéances municipales et cantonales, et après les départs de nombreux cadres de l’UDF vers les Nouveau Centre… Mais on peut aussi trouver des exemples positifs avec il y a quelques années le refus d’Anne-Marie Comparini de s’allier avec le FN.
Enfin, le leader politique doit être transparent. Il est nécessaire que chaque décision prise par un leader politique puisse être justifiée. Je pense pouvoir justifier toutes les décisions que j’ai prises durant mon mandat chez les Jeunes. Même les décisions qui se sont par la suite révélées mauvaises avaient sur l’instant une justification précise.
Voila, c’est un témoignage et les enseignements tirés d’un an passé à m’impliquer dans l’animation d’un groupement politique… Il manque certainement des choses, et d’autres ne sont certainement pas assez détaillées… Sentez vous libres d’amender !