
Malheureusement, je ne vais pas parler de cette épopée de science-fiction qui a tant plu à une génération de lycéens boutonneux (presque autant que le star wars de fansolo, célèbre lamentable blogueur orléanais). Je vais parler de la matrice d’ADN qui s’invite désormais dans des amendements aux relents nauséabonds d’un certain député Mariani…
Pour le fond de l’histoire, ainsi que pour le débat, je vous laisse consulter le site de Quitterie Delmas, sur lequel un grand nombre de personnes se sont exprimées…
Pour ma part, ceci me rappelle des périodes troubles de l’histoire de France, et l’eugénisme n’est jamais très loin quand on commence à introduire, même en catimini, de nuit, dans une assemblée nationale presque vide, des prélèvements ADN dans des textes de loi qui n’en ont pas un besoin flagrant… Je suis donc totalement opposé à cette mesure. Ce n’est pas tant l’utilisation dans ce cadre, de façon volontaire, qui me dérange, que toute les dérives qui peuvent découler d’une telle ouverture qui, je me répète, n’est pas nécessaire dans un texte sur l’immigration (que je trouve assez mauvais par ailleurs).
Enfin, le test est aux frais des candidats, ce qui veut dire qu’en plus de la discrimination du sang, on peut encore ajouter la discrimination financière : en résumé, si tu es riche et que ton père est bien ton géniteur, tu as peut-être éventuellement une chance de pouvoir venir vivre en France avant d’avoir 80 ans…
Le week-end a été l’occasion de réactions contre ce contrôle génétique de l’immigration :
Dominique de Villepin : “Je pense que ce n’est pas constitutionnel et je pense surtout que cela ne correspond pas à l’histoire et à l’esprit de notre pays. Regardons les autres pays qui (pratiquent ces tests ADN). La Grande-Bretagne n’a pas du tout la même histoire que nous, elle n’a pas connu les rafles”
Bernard Henri Lévy dans Le Point (il est rare que je sois d’accord avec lui, mais là…) : ” Le fond de l’affaire, c’est que la pratique des tests génétiques à des fins autres que scientifiques et médicales (ou judiciaires, mais à titre exceptionnel et sous le strict contrôle d’un magistrat) est formellement interdite, en France, par l’article 16 du Code civil. Et le fond du fond de l’affaire, c’est qu’une telle pratique, si elle entrait dans nos moeurs, ne serait-ce que par la petite (?) porte de ces affaires d’immigration, irait contre l’esprit d’un droit qui a toujours voulu disjoindre filiation et biologie. Quid, si l’on y renonçait, des enfants adoptés ? Quid de mon ami Innocent X, journaliste congolais que j’hésite désormais à nommer et qui a adopté deux orphelins rwandais ayant survécu au génocide ? Quid, enfin, de ce secret des secrets qu’est, pour chacun d’entre nous, son patrimoine génétique ? Ignoble, naturellement. Inquiétant, et ignoble. Touche pas à mon ADN. On ne touche jamais , quand on est démocrate, à ces histoires de sang, de preuve par le sang et, donc, par l’ADN.”
Christine Boutin : “Naturellement, a priori, ça me choque beaucoup », a déclaré Mme Boutin, interrogée sur l’amendement adopté jeudi à titre expérimental par les députés avec le projet de loi sur la maîtrise de l’immigration. « Dans la mesure où c’est volontaire, je pense que c’est moins grave », a-t-elle nuancé, se disant « très, très partagée sur cette affaire”.
Axel Kahn (généticien) : “On demande aux familles étrangères, à peau noire ou basanée, d’être une “vraie famille par le sang”, or la vraie famille ne l’est pas tout le temps par le sang, il y a de nombreuses exceptions!”