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	<title>Commentaires sur : dégustation Yquem 1994 et Clos Vougeot 2005</title>
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	<description>Un citoyen démocrate, européen, humaniste et libéral, vivant à Olivet, près d'Orléans, Loiret, et travaillant pour BioChemics</description>
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		<title>Par : Jean du MoDem</title>
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		<dc:creator>Jean du MoDem</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Sep 2009 12:55:08 +0000</pubDate>
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		<description>&quot;dans un cadre un peu moins conventionnel que nos relations professionnelles habituelles…&quot;.

Ce fut le cas pour Philippe Lamour dans la débâcle de 1940 . Voici son récit dans son livre autobiographique, &quot;Le cadran solaire&quot;:
&quot;Réveil à 4 heures du matin pour aller prendre position derrière le mur d&#039;un parc, dominant à mi-côte un vignoble.
 Le chef de section nous donne l&#039;ordre de tailler un créneau dans le mur pour y installer une mitrailleuse. On commence à abattre les briques.À l&#039;est, l&#039;horizon rosit.
  -Qu&#039;est-ce que vous foutez les enfants?
  Je me retourne. Un vieux monsieur est là, en robe de chambre, ses pieds osseux nus dans des sandales rouges.
  -Ce qu&#039;on fout là, mon petit père. On fout la guerre, la guerre qui, d&#039;ailleurs, est foutue.
  -Raison de plus pour ne pas foutre mon mur par terre.
 -C&#039;est les ordres.
 Il insère dans son œil gauche un monocle sans monture.
 -Il n&#039;y a pas d&#039;ordres. L&#039;armistice a été signée cette nuit par le maréchal Pétain.
 -Le sale con, dit Bricard, en jetant son outil à terre.
  Il a les larmes aux yeux, le vieil homme parle bas.
 -Oui, dit-il, c&#039;est affreux
 Nous nous taisons tous, l&#039;esprit chaviré.
 -Alors en plus mon mur, vous comprenez... Puis: Avez-vous déjeuné?
 -Non...
 -Alors vous venez jusqu&#039;à la ferme. On essayera de trouver du café.
 -On aimerait mieux un coup de rouquin pour faire passer ça, dit Bricard.
 - Ce n&#039;est pas ce qui manque ici. Allez, laissez ce malheureux mur qui ne nous a rien fait et venez avec moi.
 On le suit dans une grande cuisine. L&#039;homme en robe de chambre fouille les armoires, en sort du pain, un pot de rillettes, des œufs. Il se retire et revient avec une bouteille de vin blanc. Il s&#039;excuse:
 -C&#039;est tout ce que j&#039;ai trouvé à cette heure-ci.
 -ça fera, dit Bricard.
 Nous vidons nos verres d&#039;un trait.
 -Pas cochon ce petit picrate, dit Bricard, c&#039;est le vin du pays?
 -Oui, c&#039;est le vin d&#039;ici.
 Bricard prend la bouteille et le sourcil froncé s&#039;emploie à déchiffrer l&#039;étiquette. &quot;Château Y... Château Yquoème&quot; dit-il.&quot;.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;dans un cadre un peu moins conventionnel que nos relations professionnelles habituelles…&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ce fut le cas pour Philippe Lamour dans la débâcle de 1940 . Voici son récit dans son livre autobiographique, &laquo;&nbsp;Le cadran solaire&nbsp;&raquo;:<br />
&laquo;&nbsp;Réveil à 4 heures du matin pour aller prendre position derrière le mur d&#8217;un parc, dominant à mi-côte un vignoble.<br />
 Le chef de section nous donne l&#8217;ordre de tailler un créneau dans le mur pour y installer une mitrailleuse. On commence à abattre les briques.À l&#8217;est, l&#8217;horizon rosit.<br />
  -Qu&#8217;est-ce que vous foutez les enfants?<br />
  Je me retourne. Un vieux monsieur est là, en robe de chambre, ses pieds osseux nus dans des sandales rouges.<br />
  -Ce qu&#8217;on fout là, mon petit père. On fout la guerre, la guerre qui, d&#8217;ailleurs, est foutue.<br />
  -Raison de plus pour ne pas foutre mon mur par terre.<br />
 -C&#8217;est les ordres.<br />
 Il insère dans son œil gauche un monocle sans monture.<br />
 -Il n&#8217;y a pas d&#8217;ordres. L&#8217;armistice a été signée cette nuit par le maréchal Pétain.<br />
 -Le sale con, dit Bricard, en jetant son outil à terre.<br />
  Il a les larmes aux yeux, le vieil homme parle bas.<br />
 -Oui, dit-il, c&#8217;est affreux<br />
 Nous nous taisons tous, l&#8217;esprit chaviré.<br />
 -Alors en plus mon mur, vous comprenez&#8230; Puis: Avez-vous déjeuné?<br />
 -Non&#8230;<br />
 -Alors vous venez jusqu&#8217;à la ferme. On essayera de trouver du café.<br />
 -On aimerait mieux un coup de rouquin pour faire passer ça, dit Bricard.<br />
 &#8211; Ce n&#8217;est pas ce qui manque ici. Allez, laissez ce malheureux mur qui ne nous a rien fait et venez avec moi.<br />
 On le suit dans une grande cuisine. L&#8217;homme en robe de chambre fouille les armoires, en sort du pain, un pot de rillettes, des œufs. Il se retire et revient avec une bouteille de vin blanc. Il s&#8217;excuse:<br />
 -C&#8217;est tout ce que j&#8217;ai trouvé à cette heure-ci.<br />
 -ça fera, dit Bricard.<br />
 Nous vidons nos verres d&#8217;un trait.<br />
 -Pas cochon ce petit picrate, dit Bricard, c&#8217;est le vin du pays?<br />
 -Oui, c&#8217;est le vin d&#8217;ici.<br />
 Bricard prend la bouteille et le sourcil froncé s&#8217;emploie à déchiffrer l&#8217;étiquette. &laquo;&nbsp;Château Y&#8230; Château Yquoème&nbsp;&raquo; dit-il.&nbsp;&raquo;.</p>
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