Mardi soir, à la CCI du Loiret, une soirée sur la thématique « entreprendre au féminin ». Thématique qui, a priori, me semble plutôt intéressante… Nonobstant le sexisme ambiant (seules les femmes étaient invitées), j’ai réussi à entrer dans la salle de la conférence grâce à un « forward » de l’invitation par mon amie Karine Prigent, qui a dû se dire qu’une soirée en étant quasiment (eh oui, quelques hommes ont été aussi roublards que moi) le seul mec au milieu de 80 femmes serait un beau cadeau d’anniversaire…
Dès mon arrivée, j’ai senti que c’était bien une soirée féminine : la mise en place de la table ronde prenait plus de temps que prévu et nous avons dû attendre dans le couloir… Le retard féminin ne serait-il pas uniquement une légende ? OK, je l’avoue, l’assistance féminine a tendance pour sa part à être plus à l’heure, puisque nous étions nombreux à patienter pour l’ouverture des portes…
Par la suite, lors des interventions, j’ai été quelque peu déçu… En effet, j’ai appris qu’une femme qui souhaite entreprendre doit se former, s’insérer dans les réseaux, etc… Que des choses qui sont tout à fait transposables aux créateurs masculins… Petite nuance : là où je dirais pour des hommes qu’il faut une sacrée paire de couilles pour entreprendre, le dicton doit être revu… Une belle paire d’ovaires ?
Ah si ! Une chose à laquelle je n’avais pas pensé : une femme peut être enceinte, et ça peut foutre le bordel dans une boîte pendant cette période ! Quel con ! J’aurais dû m’en douter !!!!
J’ai trouvé intéressants certains témoignages qui laissaient voir la difficulté à mener une vie de couple et une vie de famille en même temps qu’on créait une activité… L’entrepreneuriat demande de faire des choix, parfois difficiles, que l’on soit homme ou femme…
J’ai été surpris par certains échanges, lors du cocktail, qui laissaient à entendre que les femmes prenaient en compte leur équilibre familial et privilégiait toujours celui-ci alors que les hommes faisaient le contraire, pensaient à leur carrière, et comptaient sur leurs femmes pour gérer la vie de famille… Mesdames, nous sommes au XXIè siècle, et si vous vivez avec un homme qui a cette vision des choses, je pense qu’il serait temps d’en changer !!!! Et surtout, cela allait à l’encontre de certains témoignages reçus pendant la table ronde…
Au final, j’ai trouvé cette table ronde intéressante, mais pas pour le sujet qu’elle prétendait traiter… J’ai eu l’impression d’assister à une table ronde sur l’entrepreneuriat, mais j’ai trouvé que nous ne rentrions pas assez dans les spécificités de l’entrepreneuriat féminin… Je pense qu’au niveau psychologique, il existe de réelles différences entre les hommes et les femmes, et que celles-ci sont perceptibles dans la façon de se former, dans la façon de créer des réseaux, dans la façon de prendre des risques… Ceci a été abordé de manière bien trop superficielle à mon goût… Caractéristique féminine ?
J’arrête là pour cet article aux accents mysogines… Qui doit bien sûr être vu comme un exercice de style, car comme en témoigne une photo prise par Gaëlle Lepetit (je n’arrive pas à l’ajouter dans l’article… Gaëlle, aurais-tu un lien vers cette photo ?), j’étais très heureux d’être si bien entouré !
Johann, je viens de t’adresser la photo par e-mail ! Globalement, je suis plutôt d’accord avec toi. Cette question de la discrimination positive fondée sur le sexe m’a toujours gênée. Comme le fait qu’il existe un fonds d’aide spécifique pour les femmes créatrices d’entreprise ! Sans féminisme extrême, moi qui ai grandi (dans tous les sens du terme) avec la parole de femmes comme Benoîte Groulte, Gisèle Halimi ou Elisabeth Badinter…je ne vois pas en quoi le sexe serait un critère à mettre en avant (mise à part le fait d’être enceinte, OK, ce qui rappelons-le, lorsque la grossesse se passe bien, n’a rien d’une maladie). Quant à distinguer des aptitudes ou des traits de caractère purement féminin ou masculin….ça dépasse le champ de la création d’entreprise. Et tu as raison, la société et les hommes ont évolué : j’en ai la preuve chez moi
Merci pour ce feed back.
J’aimerais aborder le point des différences homme/femme.
« On réclame d’un côté une parfaite égalité en tout ». La seule égalité entre un homme et une femme c’est, ou ce devrait être l’égalité en droits.
L’égalité parfaite n’existe pas puisque biologiquement homme et femme ne sont pas égaux.
Ce n’est ni une question de conviction ou de pouvoir : c’est hormonal donc biologique.
Ce qui échappe à nous même, ce sont nos comportements transgénérationnels.
Le coté spatial chez l’homme est le fruit de milliers d’années d’évolution ou pendant que les femmes vaquaient au feu et aux enfants les hommes partaient à la chasse… ceux qui ne savaient pas repérer le fauve avant lui, mourraient c’est ainsi qu’opère la sélection.
Ainsi on constate que les femmes n’aiment pas faire de créneaux, personnellement je mets un grand art à les éviter, quitte à marcher plus.
Je n’y peux rien, je vois bien que mon cerveau n’est pas trop bien connecté en la matière.
Nous sommes donc mûs par des conditionnements inconscients : le coté « joueur » d’un papa le pousse à partager le train électrique de son fils des heures entières alors qu’on n’a jamais vu une maman s’adonner des heures durant à la dînette ou à la poupée avec sa fille ? Il y a des observations qui en disent long sur l’inné.
Les statistiques disent que sur une population, les qualités, défauts, possibilités, compétences sont distribués suivant la courbe en cloche de Gauss. Ce qui veut dire que dans n’importe quel domaine vous trouverez une femme avec des capacités supérieures à un homme et vice versa… ça ne change en rien la position centrale de la courbe.
Ceci étant dit, la question qui me vient à l’esprit serait plutôt celle-ci : pourquoi l’esprit d’entreprendre et donc le goût du risque sont-ils-il si peu présents chez les femmes ?
Car enfin il ne faudrait tout de même pas oublier que c’est Eve qui a décidé de manger La pomme, ce que son nigaud d’Adam s’est empressé de faire pour ensuite la balancer à Dieu (Eve, pas la Pomme!). « C’est pas ma faute, c’est Eve qui m’a dit qu’il fallait la manger »…
Cordialement.
« Mûs par des conditionnements inconscients » : certes, mais les modèles évoluent et transforment ces conditionnements, heureusement. J’ai eu moi-même une mère indépendante financièrement (c’est là le nerf de la guerre, non ?) dans une maison où il n’était pas choquant de voir mon père vider le lave-vaisselle
Un modèle aux antipodes de celui de ma grand-mère, qui devait demander à mon grand-père l’argent nécessaire à l’achat d’une baguette. Personnellement, je suis fortiche en créneaux, et il est arrivé qu’une de mes filles, à l’âge de 4 ans, demande une grue à Noël (ce n’est arrivé qu’une fois, certes). Enfin ce que je voulais pointer, ce n’est pas une égalité homme/femme envers et contre tout, mais plutôt éviter qu’on applaudisse ces business women plus pour leur qualité de femme que pour leur qualités entrepreneuriales…L’esprit d’entreprendre, s’il est moins présent chez les femmes, est sans doute lié à la condition et au statut de la femme elle-même…mais c’est en train de changer,non ?
Bonjour,
Il n’est pas facile de faire le point exhaustif d’une problématique lors d’une table ronde d’une heure, suivie d’une séance de questions et de réponse durant laquelle l’auditoire a ressenti également le besoin d’exprimer ces expériences. bavardage féminin ?
j’avais moi-même envisagé de nombreux thèmes à partager lors de cette table ronde, mais il faut bien partager le temps de parole…
je ne sais pas quel aurait été mon parcours si j’avais été un homme. par conséquent, je ne peux pas connaître avec certitude les différences que le fait d’être une femme représentent dans cette démarche. le projet que nous portons, notre caractère et notre façon d’aborder les problématiques sont des facteurs tout aussi important que notre sexe.
restent les anecdotes :
- lors d’un buffet organisé après la remise d’un trophée, pour lequel mon entreprise avait reçu le 1er prix régional, un invité vient me voir et me dit : c’est votre patron qui doit être content. je ne sais pas si cela tenait de la plaisanterie ou de la félicitation. Ce n’est pas bien grave, mais aurait-on dit l’inverse à un homme ? (je précise en l’occurrence que c’est moi, le patron…)
- mon ami est également entrepreneur, pour son propre compte. il arrive plus que souvent que ses clients pensent que je suis son assistante.
- la maternité n’est pas une maladie, c’est un fait. et elle ne doit pas le devenir pour une entrepreneuse ! en effet, les congés maternités accordés aux indépendantes sont : 2 semaines avant le terme, et 4 semaines après le terme. contre je crois 6 semaines avant le terme pour les salariés et de 10 semaines après la naissance du bébé. ce qui tombe bien, car les crèches n’acceptent les bébés qu’à partir de leur dixième semaine. Elles font quoi les femmes entrepreneuses entre la quatrième semaine et la dixième semaine ? elles demandent à leur mari de prendre un congé paternité ?
ce ne sont que quelques anecdotes au passage. il reste que selon moi, l’entreprenariat n’est pas tant lié au sexe qu’à une ambition.
Malgré tout cela, cette table ronde a permis à des femmes de voir que d’autres femmes créaient leur boite, et qu’au final, homme ou femme, les problématique restent bien souvent les mêmes ! est-ce cela qu’on appelle lever les freins ?
J’étais moi aussi présente à cette table ronde et je dois dire que je suis un peu restée sur ma faim. J’ai également trouvé qu’on a plus parlé « entrepreneuriat » au sens strict que sous l’angle « entreprendre au féminin ». J’aurai aimé que le dialogue passe à un niveau supérieur que le simple « j’ai fait ça… » mais, n’en tienne qu’à moi, je n’avais qu’à poser des questions (un peu d’autocritique ça ne fait jamais de mal).
ce que j’ai retenu, c’est qu’une grande partie des créatrices présentent, se sont lancées dans l’aventure suite à un accident de vie (divorce ou licenciement) et dans de rares cas par ambition, goût d’entreprendre ou besoins d’indépendance. Alors quoi, on est juste bonne à créer quand on se larguer par son mec ou son employeur ? Les femmes n’ont-elles pas plus d’ambition ? je suis persuadée que non! Ne mettons-nous pas toutes les chances de notre côté une fois au pied du mur ? pourquoi le déclic ne se fait-il pas plus tôt ?
et finalement, comment faire pour conjuguer sa vie de femme chef d’entreprise et mère de famille ? y’a-t-il des solutions autres que celles des mères-salariées ?
concernant les freins à la création que peut rencontrer une femme qui veut créer son entreprise, et bien par expérience, je ne dirais pas qu’une femme est reçue d’une manière différente par un banquier lorsqu’elle sollicite un financement. mais j’ai constaté qu’une femme banquier aborde la création d’entreprise de façon plus personnalisée qu’un homme dans la mesure où les conseillères à qui j’ai eu affaire ont pris plus de temps qu’un homme pour me connaître et comprendre mes motivations, tout en passant le temps nécessaire sur l’analyse des données financières.
Personnellement, je viens d’une famille d’entrepreneurs: ma mère a été commerçante pendant 20ans (et donc oui, mon père aidait à la vaisselle, au ménage,…), mes grand-parents ont repris une scierie, un oncle et un cousin ont aussi chacun monté leur société …
les liens familiaux sont indéniablement plus complexes et en même temps plus forts dans ce genre de contexte. je suis convaincue que je n’en serai pas là aujourd’hui si je n’avais pas ce passé.
pour entreprendre il faut plus que des qualités et de l’ambition, c’est un culture, c’est quelque chose que l’on a en nous, qu’on soit homme ou femme.
@charlotte : je suis d’accord avec toi : pas simple d’aller en profondeur avec 9 témoignages à caser en une heure… Mais ce serait intéressant de savoir qui a choisi ce format, car 9 personnes en 2h, si on veut laisser de la place aux échanges, avec en plus un échange avec le UK (intéressant, d’ailleurs…), il n’y a pas besoin d’avoir fait polytechnique pour savoir que ça ne passe pas….
Oh oh!
Very interesting data, thanks for sharing,
Hope you’ll have great articles like this again.
Thank you!
Patricia