Franz Stock, le séminaire des Barbelés, l’Euope… Par “Meine Lucie”
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Merci à Johann de publier ce petit mot pour présenter un personnage qui n’est pas assez cité je trouve.
23 et 24 février 2008: Commémorations à Chartres du soixantième anniversaire de la mort de Franz Stock!De nombreuses personnalités françaises et allemandes de premier plan politique y participeront. Mais je suis certaine que vous vous dites tous: « Franz Stock? Qui c’est? Et pourquoi à Chartres? ». Ne rougissez pas, si vous avez le courage et la patience de me lire, vous pourrez fièrement demander aux autres: « connaissez-vous Franz Stock? ». Oui, enfin, attention, euh… c’est loin d’être complet ce que je vais vous dire, c’est seulement un survol, et si vous voulez en savoir plus, je peux vous conseiller quelques ouvrages.
Qui est Franz Stock?L’abbé Stock est né le 21 septembre 1904 à Neheim-Hüsten, petite ville de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Dans sa jeunesse, il participe à de nombreuses manifestations pour la paix, et notamment en 1926 au sixième Congrès démocratique pour la paix à Bierville (Essone). Il poursuit ensuite des études de théologie à Paderborn, où il sera ordonné prêtre en 1932. Deux ans plus tard, il est nommé Recteur à la Mission Catholique Allemande de Paris. Lorsque la guerre éclate en 1939, il doit retourner en Allemagne. Mais le 13 août 1940, on le demande de s’occuper à nouveau de la mission catholique. Il est aussi nommé aumônier des prisons de Fresnes, la Santé et du Cherche-midi. Il assistera plus de 3000 prisonniers condamnés à mort (dont Estienne d’Orves). A la libération de Paris, il deviendra prisonnier de guerre. Le 17 août 1945, il prend la direction du séminaire des barbelés, qui est au Coudray, un village de l’agglomération chartraine. Le Nonce apostolique Roncalli, futur Pape Jean XXIII, s’y rendra plusieurs fois. Le séminaire sera dissout le 5 juin 1947. Franz Stock, malade et très fatigué par la guerre, meurt le 24 février
« Franz Stock, ce n’est pas un nom - c’est un programme! » (Jean XXIII, juillet 1962)Quel est ce fameux programme? Pour le comprendre, il faut savoir que la jeunesse de Franz Stock est marquée par les rancoeurs de la guerre 14-18. La guerre s’est mal terminée… ou alors, pas vraiment terminée… Quoi qu’il en soit l’Allemagne a perdu, l’Allemagne doit payer! Le pays est en faillite, le chômage est extrêmement élevé et touche tous les corps professionnels. La monnaie allemande ne vaut plus rien, bref, en un mot, l’économie allemande est en ruine, et les pays vainqueurs réclament plus que ce que ne peut fournir l’Allemagne. Pour l’énorme majorité des allemands, il s’agit d’un pillage. Et les pilleurs ne sont jamais aimés… Donc la France reste toujours un ennemi pour beaucoup d’allemands. Mais pas pour Franz Stock, qui a toujours essayé de proclamer un message de paix, que ce soit avant , pendant ou après la guerre. Il a été un réconfort non seulement pour beaucoup de prisonniers, mais aussi pour énormément de familles! Il les a écouté, parfois il donnait des nouvelles, ce qui le mettait en danger. Il faut savoir que les prisons de Paris dont il avait la charge, c’était 11000 prisonniers, et plus de 3000 exécutions (4500 selon la plaque commémorative du Mont Valérien) auxquelles il devait assister. Franz Stock savait écouter et gagner la confiance des gens, quelles qu’en soient l’origine, la religion ou l’orientation politique! Durant toute l’occupation, il a tout fait pour aider les condamnés par les nazis, et à la libération de Paris, il était aux côtés de soldats allemands blessés, à l’hôpital de la Pitié. Un « résistant » a reconnu Franz Stock. Il lui a dit qu’il pouvait l’aider à regagner l’Allemagne afin d’éviter d’être prisonnier, mais Franz Stock lui a répondu qu’il est allemand, et qu’il doit rester avec les allemands qui ont besoin d’aide. Pour Franz Stock, il fallait réconcilier les peuples. Il fallait lutter contre les haines. Il devait servir la paix et apporter son aide! L’amitié des peuples est ce qu’il y a de plus fort pour Franz Stock!
Le séminaire des barbelés.Après la libération, l’Aumônerie Générale à Paris veut créer un séminaire pour des théologiens allemands prisonniers. Franz Stock est tout désigné pour diriger un tel établissement. On le sort donc du camp de prisonniers de Cherbourg pour le transférer dans le camp d’Orléans. En avril 1945, il y a 28 théologiens. On décide d’implanter ce séminaire dans le camp 501 au Coudray (Chartres). C’est là-bas que le Colonel Gourut confie à Franz Stock 160 séminaristes. Alors que sa santé est devenue très fragile, il accepte cette nouvelle mission. C’est quelque chose qui était inimaginable quelques mois avant! La France organise les études de quelques prisonniers de guerre. C’est pour soutenir ce projet que le Nonce apostolique Roncalli est venu plusieurs fois. Il dira que ce séminaire doit être un symbole fort pour la réconciliation franco-allemande. Ce séminaire s’agrandira, et sera dissout le 5 juin 1947. Il aura formé 949 enseignants, prêtres, ou bien encore frères! Ceci n’aura été possible que par la persévérance, l’écoute, la générosité et la gentillesse de Franz Stock. Malgré toutes les atrocités qu’il a vu ou entendu, il prônait l’amour et la paix!
Franz Stock et l’Europe.Beaucoup de personnes ayant contribué à la construction de l’Europe ont été influencés par l’action de Franz Stock. La réconciliation et la paix devait être avant toute chose le ciment de l’Europe. On peut citer parmi eux les français Robert Schumann, Joseph Folliet, Pierre Pflimlin, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Delors… et tant d’autres! On l’appelle souvent « l’apôtre de la Paix ». C’est pour cette raison que l’on a rebaptisé en
Et maintenant? Que reste-t-il aujourd’hui de ce camp? En 1995 le Bloc 001 ayant abrité le “Séminaire” est classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, en raison notamment des peintures murales réalisées par Franz Stock lui-même. Aujourd’hui, le bâtiment n’appartient plus à l’armée, mais à l’Association Chartraine Franz Stock, qui projette d’en faire un centre européen. Ce sera non seulement un lieu de mémoire, mais aussi un lieu de rencontre. C’est un projet qu’il faut soutenir, nous les jeunes! L’Europe ne doit pas être qu’une question politique!
Franz Stock a toujours cru en la rencontre des peuples, même quand ceux-ci se font la guerre avec une cruauté inhumaine. Comme le dit Kohl, il fait parti de l’Histoire, mais c’est à nous de faire en sorte que son programme soit toujours d’actualité!
Lucie