Je suis partisan et défenseur farouche d’une prise de poids toujours croissante de l’Union Européenne, et notamment sur certains sujets qui sont à mon avis essentiels.
Il est aujourd’hui impossible d’avoir une politique de recherche efficace au simple niveau national. Il faut bien évidemment réfléchir au niveau supra-national. Et ce dans de nombreux domaines : je peux en témoigner tous les jours dans le secteur de la R&D pharmaceutique, cosmétique ou environnemental, et notre ami Stéphane Mazouffre le montre également fort régulièrement sur son propre blog pour les domaines liés à l’aérospatiale.
L’autre sujet qui me passionne, intimement lié à la recherche, et celui des énergies du futur et des modes de transports à l’avenir. Je pense qu’il faut lancer de grands programmes, à la fois publics et industriels, comme ce fut le cas en France avec le TGV par exemple sous de Gaulle si je ne me trompe pas… Mais à l’échelle actuelle, qui est celle de l’Europe !
Alors, évidemment, pour financer cela, comment faire ? Il existe deux solutions qui doivent à mon avis être combinées. D’une part l’emprunt européen, qui est possible puisque l’Union Européenne est la seule entité politique non endettée (avec l’Iran mais la comparaison serait douteuse). D’autre part, un impôt européen direct plutôt que la contribution complexe des états membres.
Ceci amènerait aussi à réformer le système d’imposition national, avec une clarification et une simplification : chaque entité perçoit son propre impôt, et les compétences des entités publiques sont clarifiées pour que le citoyen sache précisément à quoi sert chaque euro qu’il verse…
Plusieurs grands chantiers, mais auxquels nous n’aurons pas d’autre choix que de nous attaquer dans les années à venir…
Nous sommes tous les deux des convaincus. Une Europe forte capable d’imposer son modèle et de s’opposer si besoin : une évidence. Mais ce n’est pas pour tout de suite. Et lorsque tu prônes une Europe des » grands chantiers « , je ne peux qu’applaudir. Mais c’est chose difficile car les intérêts nationaux priment, par pur calcul politique. Et je suis bien placé pour le voir. Avec l’ESA, je vis l’Europe » au ralentit » ou » à reculons « , c’est selon, au quotidien. On pourrait jouer un rôle de leader, mais non, on se tir dessus en faisant des calculs savants et en appliquant la loi du retour au centime prêt. En attendant on a toujours pas les moyens d’envoyer un homme dans l’espace et je ne parle pas du retard dans les programmes localisation et d’exploration.
Tout cela ne changera que le jour où un impôt européen sera créé et ou un véritable gouvernement supranational verra le jour. Cela fait rêver !?