Voila un peu mon état du jour… Ben oui, comme je suis malade, je ne fais rien et j’essaie de me soigner, et comme je ne fais rien, je cogite, et comme je cogite, j’oscille entre la déprime et l’agacement…
Non non, rassurez-vous, rien de personnel derrière tout cela : ma condition strictement égotique va très bien, je suis tout à fait conscient de la chance que j’ai et du fait que mes statuts actuels, tant personnel que professionnel, sont plutôt enviables que détestables !
Mais, ce matin, en pensant au quelques milliers d’euros qu’il me reste à sortir en cette fin d’année pour les impôts, je me disais « bon, allez, faut bien payer les crêches, les profs pour former les têtes bien pleines de demain, etc… ». Et puis, d’un coup, allez savoir pourquoi, j’ai pensé à la dette publique. Cette dette qui fait que mes impôts d’aujourd’hui non seulement ne financent pas les investissements vers le futur, mais ne financent pas non plus les dépenses actuelles : non, mes impôts aujourd’hui financent les errements des 40 dernières années en matière de finances publiques, et suffisent à peine pour combler les intérêts de cette dette énorme que la génération qui précède la mienne nous a laissée, au nom d’un idéal et d’un modèle social d’après guerre.
Depuis des dizaines d’années, la France vit au dessus de ses moyens, en dépensant sans compter, et avec des résultats pourtant discutables dans bon nombre de secteur stratégique pour l’avenir d’une nation (enseignement, recherche, santé, etc). Ajoutez à cela le déclin démographique et un système de retraite obsolète (d’ici 2040, 1 actif financera presque 2 inactifs, sur les bases du système actuel) qu’aucun politique n’a actuellement le courage de réformer en profondeur (l’enchainement des échéances électorales risquerait de provoquer une catastrophe pour le courageux qui oserait toucher à ce système), et vous comprendrez aisément que le gouffre est vraiment tout proche, si nous ne sommes pas encore dedans…
J’ai souvent lu qu’une génération qui laisse à ses enfants plus de dettes que d’espoirs est une génération qui n’aime pas ses enfants. J’ai bien peur que cela soit le cas de la génération qui nous précède. Et aujourd’hui, à titre personnel, quand on me demande si je veux des enfants « à moi », j’ai tendance à répondre que si je ne vois pas ma vie sans être entouré d’enfants, il y en a bien assez auxquels on ne peut déjà offrir quasi aucune perspective d’avenir sans en ajouter d’autres… Est-ce qu’aujourd’hui, on ne pourrait pas dire qu’une génération qui sait qu’elle n’a rien à proposer à ses enfants, et qui continue à faire des enfants, les aime réellement, ces enfants ???
J’avoue que c’est une question que je me pose chaque jour actuellement, tant je vois les maux dont souffre la planète comme quasi insurmontables… Et pourtant, il m’arrive de me dire que seul une explosion démographique pourrait diluer les difficultés… Mais déjà je sombre à nouveau dans le pessimisme en me disant que la société actuelle est tellement égoïste que chacun ne songe qu’à son propre bien et non au bien commun, celui de l’humanité… Et moi le premier, qui me dis que si j’arrive déjà à assurer quelque chose d’acceptable pour moi et mes proches, ce sera pas mal…
Alors, quel avenir pour notre modèle social ? quel avenir pour notre modèle économique ? quel avenir pour nous ? quel avenir pour nos enfants ? Autant de questions auxquelles je n’ai pas toutes les réponses, mais pour lesquelles les éléments de réponses dont je dispose ne me laissent présager rien de bon…
PS : désolé si ce que j’ai écrit n’ai pas clair, mais quand je pense à tout ça, le mal de crâne et la fièvre liés à mon rhûme se font encore plus présents, et mes propos sont peut-être quelque peu embrumés…
Johann,
Ton article est parfaitement bien écrit et clair, je pense.
« Think global, act local. »
Je pense en tous cas qu’en t’isolant pour éviter de passer ta baisse de forme à d’autres et en te reposant et laissant ton organisme faire le travail, tu montres l’exemple.
Tu évites de propager le virus ou la maladie à d’autres personnes constructives (qui composent l’essentiel de ton tissus relationnel) ;
tu fais un geste écologique (on sait maintenant que les molécules que l’homme ingère et digère et transforme sont ensuite propagées dans l’environnement) ;
tu ne creuses pas le trou des générations futures (dont la sécu) ;
tu continues à
« (…) Parler pour partager avec les autres et ne pas être complice. Agir pour faire évoluer les choses et ne pas se rendre coupable. » — MJ ^^
Bon rétablissement et à bientôt,
Amitiés,
Marc
Agacé? Déprimé? … voire même franchement désespéré?
Quand on analyse la situation sous cet angle, qui n’est certes pas très optimiste mais reste pourtant juste et lucide, on a de bonnes raisons de ressentir l’un, ou l’autre, ou même les trois de ces sentiments!
J’aime mes enfants et j’ai bien l’intention de faire ce qui est en mon pouvoir pour qu’ils grandissent dans une société meilleure… vais-je y arriver? J’espère mais je n’en suis pas certain! Au moins, j’aurai pour moi d’avoir essayé!