Archive pour le mot-clef ‘ghost writer’

Laos, retour au pays des ancêtres et des fantômes

Jeudi 18 mars 2010

Dimanche, avant d’aller assister avec SoniaLB à la projection de Ghost Writer, j’ai eu le plaisir de passer visiter une très jolie exposition de photos à la collégiale Saint-Pierre-le-Puellier à Orléans.

Le thème en était le Laos. La trame se basait sur le retour d’une petite vingtaine de jeunes ayant des origines au Laos sur le sol qui avait vu grandir, pour la plupart, leurs parents avant leur voyage sans retour vers la France… Ces jeunes étaient accompagnés d’une photographe, qui a fixé sur papier glacé une réalité qui était, quant à elle, tout sauf glacée !

En effet, l’émotion de ce voyage initiatique chez ces adolescents ou jeunes adultes était palpable. On sentait qu’il était pour eux une façon de comprendre de nombreux rites et coutumes que leurs parents leur avaient transmis, mais aussi de se plonger dans la culture de leurs ancêtres, si différente de la culture française, mais qu’ils ont tout de même de chevillée au corps tant leurs parents les en ont imprégnés.

Un voyage merveilleux, qui leur a également permis, pour un grand nombre, des retrouvailles avec des oncles, tantes, cousins, cousines, grand-parents, pour certains inconnus avant ce périple… Et qui nous transporte, nous européens, loin de chez nous, dans un monde basé sur des valeurs bien différentes de celles de notre société de consommation…

Je retiendrai notamment ce témoignage d’un jeune homme de 17 ans qui nous explique qu’il est difficile de vivre à cheval sur deux cultures, et qu’il s’agit pour lui de retenir ce qu’il y a de meilleur dans chacune d’elle : il est français, né en France, vivant en France, avec les règles françaises, mais souhaite également ne pas oublier les valeurs d’entraide et de solidarité de sa culture ancestrale…
Et ça, pour moi, ce serait une superbe contribution à ce débat sur l’identité nationale, bien au delà des stigmatisations habituelles…

Ghost Writer, de Roman Polanski

Mercredi 17 mars 2010

Disons le tout net, je n’aime pas la personne qu’est Roman Polanski. Et ce n’est pas le génie qu’il a mis dans son film qui va me faire changer d’avis.
Car si je n’aime pas l’homme, le réalisateur est vraiment un grand monsieur du cinéma. Et ce film en est sa plus brillante illustration depuis longtemps.

Un thriller haletant, qui mêle probablement un peu de réalité (Adam Lang, le premier ministre britannique fictif, rappelle étrangement par ses positions un certain Tony Blair) avec un ensemble bien évidemment fictif, le tout dans un quasi huis-clos oppressant… Imaginez-vous être « l’écrivain fantôme », le « ghost writer », d’un animal politique, et vous retrouver en hiver sur une île, isolé de tout à la fois par la mer et les tempêtes, mais aussi par l’enfermement bien légitime des hommes de pouvoir dans une cage dorée, une superbe résidence en bord de mer… Et là, vous découvrez que le décès de celui qui vous précédait comme nègre n’est probablement pas aussi accidentel que ce que l’on veut bien dire.
Ajoutez à cela une femme superbe, de grande classe, tout à la fois brillante et manipulatrice, qui vous joue le grand jeu de la séduction pour obtenir vos confidences, et vous aurez tous les ingrédients de ce film…

Mais ceci ne serait qu’un bon scénario, non pas un bon film, si nous en restions là… Et c’est ici qu’entre en scène de grands acteurs (Mac Gregor et Brosnan, mais aussi Olivia Williams et Kim Cattrall), et un réalisateur impeccable. Vraiment du grand art. Autant j’ai été déçu par Shutter Island, autant j’ai été fasciné par ce film.

Enfin, j’ai forcément un peu souri en me disant qu’au final, la situation d’Adam Lang qui est contraint de rester enfermé dans sa maison aux USA, loin de son pays d’origine le Royaume-Uni, peut un peu faire penser à… Roman Polanski, assigné à résidence dans son chalet à Gstaad… Ou, encore une fois, quand la fiction rejoint partiellement des formes de réalité…