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Merci Monsieur Trichet !

Vendredi 26 mars 2010

Je le dis tout net : l’accord trouvé à l’arrachée par Nicolas Sarkozy avec la chancelière allemande Angela Merkel n’est que de la poudre aux yeux. En effet, si la responsabilité des états européens reste prépondérante dans le plan proposé pour sauver la Grèce, je vois au moins deux problèmes :
- ce plan ne sera mis en place que si la Grèce est au bord de la cessation de paiement, car l’Allemagne a déjà annoncé qu’elle considère que 350 points de base entre les prêts qui lui sont octroyés et ceux proposés à la Grèce ne lui semblent pas « déraisonnable »,
- on demande au FMI d’intervenir de façon minoritaire mais substantielle (1/3 au moins) dans un éventuel plan de secours… Et ceci me semble débile car la Grèce n’est pas confrontée à une crise monétaire mais budgétaire, ce qui d’après moi ne relève pas du FMI.
J’ajoute enfin que Merkel se garde la possibilité d’utiliser le droit de veto allemand lors d’un Conseil, devant lequel un tel plan devrait passer avant d’être mis en place…

Donc pour moi, l’accord trouvé ne change rien, et les marchés vont pouvoir continuer à se gaver sur le dos des citoyens grecs, puisque la Grèce n’a pas de problème à trouver de l’argent, si elle accepte des taux d’intérêts exorbitants, ce que ses partenaires européens par l’accord d’hier l’incitent à faire !

Par contre, j’admire de plus en plus la façon de Jean-Claude Trichet de gérer les événements récents. Il vient en effet grosso-modo d’annoncer qu’il continuerait à accepter les dépôts de dette grecque comme garanties de prêts…
En effet, alors qu’il avait annoncé un « retour à la normale » sur les conditions de prêts par la Banque Centrale Européenne pour fin 2010 (acceptation de dettes d’états notés au pire A-), il annoncé qu’il maintiendrait finalement au delà de 2010 une acceptation des dettes d’états notés jusqu’à BBB-. Sachant que la Grèce est notée BBB+, cela revient à dire aux marchés « n’ayez pas trop de crainte, je continuerai à vous prêter de l’argent si vous venez avec de la dette grecque », ce qui devrait rassurer les dits marchés.

Je retiens enfin ces quelques phrases de Jean-Claude Trichet : « nous devons raviver le sens de la cause commune qui a motivé nos pères fondateurs ». « Aujourd’hui, l’Europe fait face à des décisions cruciales : nous avons besoin de renforcer la surveillance et de renforcer la coopération ». Vraiment, bravo monsieur Trichet, vous êtes un grand européen.