Archive pour le mot-clef ‘parlement européen’

Union Européenne : les apports du traité de Lisbonne

Mercredi 3 février 2010

Hier soir, à l’invitation du Mouvement Européen France du Loiret, et notamment de ses Président et Vice-Président co-fondateurs Jean-Pierre Delport et Yves Clément, j’ai eu le plaisir d’assister à une conférence animée par Alain Dauvergne, qui fut rédacteur en chef adjoint de RTL, puis du Point qu’il a contribué à créer…

Alain Dauvergne a été un observateur très impliqué dans la Convention européenne, qui a travaillé à la préparation du traité constitutionnel que la France avait refusé par referendum, et a logiquement suivi ensuite les travaux qui ont abouti au Traité de Lisbonne.

Il nous a fait un exposé très intéressant sur les avancées à la fois institutionnelles et démocratiques instaurées par ce Traité… Comme lui, j’apprécie les avancées qui renforcent le pouvoir du Parlement Européen au sein des instances européennes. On voit d’ailleurs actuellement que le Parlement cherche à s’emparer de tout l’espace qui lui est offert… La co-décision législative (entre le Conseil et le Parlement) devient la règle par défaut, ce qui accroît très largement les compétences du Parlement puisque ses domaines d’expression passent d’une trentaine à plus de 70, si ma mémoire ne me fait pas défaut…
Comme lui également, je pense qu’on a critiqué un peu vite, et moi le premier, Herman Van Rompuy, en le laissant apparaître comme terne et sans consistance… Je pense qu’il va s’affirmer.
Par contre, je maintiens mes positions concernant Lady Ashton, notre Haute Représentante aux Affaires Etrangères : confier la diplomatie et, de fait, la vice-présidence de la Commission à une britannique, c’est déjà fort quand on sait le peu d’engagement du Royaume-Uni dans l’Europe (à signaler que dans le Traité, pour la première fois, on laisse la porte ouverte à une sortie possible de l’Union pour un Etat… à la demande du RU !! L’Europe fédérale est morte grâce à eux !!!). Mais alors quand on ajoute à cela l’inconsistance de Lady Ashton et son absence totale de compétences en matière diplomatique, on peut facilement arriver à la conclusion qu’on donne les clés de la diplomatie européenne au Foreign Office qui, il est vrai, n’est pas une buse finie, mais est par contre d’un atlantisme total et d’un européanisme douteux ! Donc Alain, tu demandes à voir, alors que je pense que c’est tout vu !

J’ai réalisé cependant une des dernières interventions lors du débat pour afficher moi aussi mon optimisme quant à l’avenir de l’Europe :
- j’ai d’abord insisté encore une fois sur le renforcement des pouvoirs du Parlement, ce qui à mon avis est bon, car il est composé d’européens convaincus dans sa grande majorité, même si certains d’entre vous me connaissent assez pour savoir les doutes que j’ai pour certains euro-députés français (non, je ne donnerai pas de noms… ;-) ). En effet, pour tenir le rythme des déplacements « Circo – Bruxelles – Strasbourg », il faut au moins croire dans ce que l’on fait, même si les indemnités de fonction sont élevées !
- ensuite, j’ai voulu souligné le caractère démographique. J’arrive proche de la trentaine, et il est inconcevable pour moi d’avoir besoin de patienter à la frontière pour entrer en Belgique. Et cela, c’est l’espace Schengen… De même, l’euro fut introduit en 2002, donc on peut raisonnablement penser que pour la plupart des adolescents d’aujourd’hui, le franc n’est qu’un vague souvenir et le deutschmark ou la lire des monnaies qu’ils n’ont pas connu… L’Europe est et sera d’après moi un espace de plus en plus « naturel » pour les jeunes générations qui n’ont pas connu autre chose… Et si l’on arrive à se prémunir des dérives nationalistes (comme en ce moment en France avec le débat sur l’identité nationale qui a dévié fortement de son objectif initial… en tout cas de celui annoncé…), l’Europe se construira « de fait », par le renouvellement des générations.

Et cela, pour moi, c’est le plus beau message d’espoir pour la construction européenne qui m’est si chère…

Guerre entre le Parlement Européen et la Commission Européenne

Mercredi 20 janvier 2010

Le Parlement Européen entend bien prouver à la Commission Européenne que, encore plus depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, il ne compte pas pour des prunes.

Ainsi, la commissaire bulgare vient de jeter l’éponge et de renoncer à voir sa candidature examinée par le Parlement, après avoir été très fortement chahuté lors de son audition, et surtout sachant que la coalition socialistes – verts – libéraux démocrates a décidé de la planter…

Bon, sur le fond, je les trouve un peu durs avec cette « pauvre » femme (guillemets car mariée à une des plus grosses fortunes, d’ailleurs un peu douteuse, bulgares…), alors qu’ils avaient été bien conciliants avec la nullissime Lady Ashton…

Lady Ashton qui, d’ailleurs, a fait parler d’elle en faisant… rien !!! Ben oui, alors que Hilary Clinton était à Haïti ce week-end, la « ministre des Affaires Etrangères de l’Europe » était à Londres ! Alors bon, je veux bien qu’il ne fallait pas encombrer l’aéroport local, mais on aurait pu la caser entre deux sacs de vivres… Plutôt qu’elle vide son sac à main, et qu’elle remplisse son cabas dans les grands magasins au cours des soldes !

Union Européenne affaiblie… Van Rompuy et Ashton…

Samedi 21 novembre 2009

Revenons à des sujets sérieux… Je souhaitais le faire dès hier, et le temps m’a manqué pour rédiger cet article que je voudrais à la fois critique et pédagogique, car j’ai pu me rendre compte encore dernièrement de la méconnaissance du fonctionnement des institutions européennes.

L’Union Européenne, en application du traité de Lisbonne, s’est doté d’un Président du Conseil Européen et d’une Haute Représentante aux Affaires Etrangères.
Pour rappelle, il existe plusieurs institutions dans l’Union Européenne. Le Parlement Européen, organe chargé de voter les lois et dont les membres sont élus au suffrage direct (députés européens), présidé par Jerzy Buzek, du PPE (droite européenne). Il sera Président de cette institution encore 2 ans environ, soit la moitié de la mandature, l’accord de mandature entre le PPE et le PSE (gauche européenne) stipulant que la deuxième moitié verra un président issu du PSE, probablement Martin Schultz, Président du groupe PSE.

Ceci a son importance, car c’est la quasi seule explication à la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission Européenne, deuxième institution de l’Union Européenne. Cette Commission propose et met en oeuvre les politiques communautaires. C’est donc un organe fort, qui a un quasi monopole législatif puisque c’est elle qui propose les lois qui sont étudiées au Parlement.
Barroso, qui possède à mon avis le charisme d’une machine à laver et est un gentil toutou des chefs d’état, a été proposé pour continuer le job qu’il occupait lors de la précédente Commission. Les commissaires ne sont pas élus mais nommés par les Etats membres.
Quand je dis que la volonté de Schultz d’être le futur président du Parlement Européen, c’est que le Parlement doit donner son accord à la nomination du Président de la Commission, et que Barroso était le choix du PPE. Une opposition réelle du groupe PSE, ajoutée à celle des verts européens et de l’Alliance des Démocrates et Libéraux Européens, aurait pu être problématique dans la reconduction de Barroso. Mais ces partis n’ont pas su faire en sorte qu’une alternative crédible apparaisse, et je suis convaincu que Schultz ne s’y est pas employé pour ne pas ruiner ses objectifs personnels.

Enfin, on pourrait dire qu’il existe deux Conseils (Conseil Européen et Conseil de l’Union Européenne) , le premier regroupant les chefs d’états de l’union, le second regroupant les ministres. Au final, les orientations sont très souvent les mêmes…
C’est le Président du Conseil Européen qui a été « élu » hier (je dirais plutôt désigné car il s’agit d’une élection sans candidat, sans vote transparent, sans campagne, etc), ce qui met fin à la présidence tournante de l’Union Européenne.

Quand je dis que l’Union Européenne sort affaiblie de cette nomination, c’est que je pense que Van Rompuy a environ le même charisme que Barroso (vous savez, la machine à laver), qu’il est opposé à certains des fondamentaux communautaires (il s’était opposé à l’implantation de belges francophones en Belgique flamande, alors que pense-t-il de la liberté pour tout ressortissant européen de s’implanter où bon lui semble en Europe ?), et qu’il n’est à ce poste que par les volontés conjuguées de la France et l’Allemagne, qui vont ainsi renforcer leur leadership européen.
Si je me réjouis de la place retrouvée de la France en Europe, je m’inquiète pour la construction communautaire…

Et que dire de cette Haute Représentante aux Affaires Etrangères qui semble s’y connaître en diplomatie autant que moi en point de croix ?
Elle vient d’un pays qui n’est pas membre de l’Eurogroupe, qui était favorable à la guerre en Irak (donc opposé sur ce point aux deux locomotives européennes que sont l’Allemagne et la France), et était Commissaire Européenne au Commerce. Le top pour faire avancer l’Europe sur la scène politique internationale…

Bref, un accord qui permet quand même de satisfaire tout le monde (les pays de l’Est ont la présidence du Parlement, les pays du Sud celle de la Commission, ceux du Nord ont le poste de Haute Représentante, et les pays fondateurs ont placé leur pantin à la Présidence du Conseil Européen), mais qui ne fera à mon avis pas avancer l’Union Européenne.

A noter que la France a un lot de consolation : le secrétariat du Conseil Européen, poste administratif mais clé, sera tenu par Pierre de Boissieu, un diplomate français…