Union Européenne : les apports du traité de Lisbonne

Hier soir, à l’invitation du Mouvement Européen France du Loiret, et notamment de ses Président et Vice-Président co-fondateurs Jean-Pierre Delport et Yves Clément, j’ai eu le plaisir d’assister à une conférence animée par Alain Dauvergne, qui fut rédacteur en chef adjoint de RTL, puis du Point qu’il a contribué à créer…

Alain Dauvergne a été un observateur très impliqué dans la Convention européenne, qui a travaillé à la préparation du traité constitutionnel que la France avait refusé par referendum, et a logiquement suivi ensuite les travaux qui ont abouti au Traité de Lisbonne.

Il nous a fait un exposé très intéressant sur les avancées à la fois institutionnelles et démocratiques instaurées par ce Traité… Comme lui, j’apprécie les avancées qui renforcent le pouvoir du Parlement Européen au sein des instances européennes. On voit d’ailleurs actuellement que le Parlement cherche à s’emparer de tout l’espace qui lui est offert… La co-décision législative (entre le Conseil et le Parlement) devient la règle par défaut, ce qui accroît très largement les compétences du Parlement puisque ses domaines d’expression passent d’une trentaine à plus de 70, si ma mémoire ne me fait pas défaut…
Comme lui également, je pense qu’on a critiqué un peu vite, et moi le premier, Herman Van Rompuy, en le laissant apparaître comme terne et sans consistance… Je pense qu’il va s’affirmer.
Par contre, je maintiens mes positions concernant Lady Ashton, notre Haute Représentante aux Affaires Etrangères : confier la diplomatie et, de fait, la vice-présidence de la Commission à une britannique, c’est déjà fort quand on sait le peu d’engagement du Royaume-Uni dans l’Europe (à signaler que dans le Traité, pour la première fois, on laisse la porte ouverte à une sortie possible de l’Union pour un Etat… à la demande du RU !! L’Europe fédérale est morte grâce à eux !!!). Mais alors quand on ajoute à cela l’inconsistance de Lady Ashton et son absence totale de compétences en matière diplomatique, on peut facilement arriver à la conclusion qu’on donne les clés de la diplomatie européenne au Foreign Office qui, il est vrai, n’est pas une buse finie, mais est par contre d’un atlantisme total et d’un européanisme douteux ! Donc Alain, tu demandes à voir, alors que je pense que c’est tout vu !

J’ai réalisé cependant une des dernières interventions lors du débat pour afficher moi aussi mon optimisme quant à l’avenir de l’Europe :
- j’ai d’abord insisté encore une fois sur le renforcement des pouvoirs du Parlement, ce qui à mon avis est bon, car il est composé d’européens convaincus dans sa grande majorité, même si certains d’entre vous me connaissent assez pour savoir les doutes que j’ai pour certains euro-députés français (non, je ne donnerai pas de noms… ;-) ). En effet, pour tenir le rythme des déplacements « Circo – Bruxelles – Strasbourg », il faut au moins croire dans ce que l’on fait, même si les indemnités de fonction sont élevées !
- ensuite, j’ai voulu souligné le caractère démographique. J’arrive proche de la trentaine, et il est inconcevable pour moi d’avoir besoin de patienter à la frontière pour entrer en Belgique. Et cela, c’est l’espace Schengen… De même, l’euro fut introduit en 2002, donc on peut raisonnablement penser que pour la plupart des adolescents d’aujourd’hui, le franc n’est qu’un vague souvenir et le deutschmark ou la lire des monnaies qu’ils n’ont pas connu… L’Europe est et sera d’après moi un espace de plus en plus « naturel » pour les jeunes générations qui n’ont pas connu autre chose… Et si l’on arrive à se prémunir des dérives nationalistes (comme en ce moment en France avec le débat sur l’identité nationale qui a dévié fortement de son objectif initial… en tout cas de celui annoncé…), l’Europe se construira « de fait », par le renouvellement des générations.

Et cela, pour moi, c’est le plus beau message d’espoir pour la construction européenne qui m’est si chère…

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7 commentaires sur “Union Européenne : les apports du traité de Lisbonne”

  1. L’Europe « simplifiée » de Lisbonne se ridiculise sur la scène internationale

    Il y a le camouflet du Président américain, décommandant sa participation au sommet UE-Etats Unis de mai prochain (par peur des fulgurances géopolitiques de notre super-Ministre européenne des affaires étrangères Lady Ashton peut-être ?) Et il y a ceux qui, voulant bien faire, se prennent les pieds dans le mille feuilles institutionnel des « tops jobs » de l’Europe du traité de Lisbonne. Ainsi, le président de Mongolie Tsakhia Elbegdorj, en tournée diplomatique à Bruxelles, a montré mardi, à l’instar de nombreux Européens, que la profusion de présidents dans les institutions européennes avait de quoi donner le tournis. « Je remercie le président du Conseil européen », a dit M. Elbegdorj à l’issue d’une rencontre avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. S’apercevant rapidement de sa méprise, M. Elbegdorj a corrigé en remerciant « le président des commissaires ». « Je viens d’être reçu par le président du Conseil européen, j’ai été reçu hier par le président du Parlement européen et après cette réunion je vais rencontrer le président du Conseil européen… euh… j’ai été reçu par le président des commissaires », a-t-il déclaré. Trois présidents qui veillent jalousement à leurs prérogatives respectives, de préférence pour ne point s’en servir, sont à la tête des trois principales institutions européennes: la Commission dirigée par M. Barroso, le Parlement présidé par le Polonais Jerzy Buzek et le Conseil présidé de façon permanente par le Belge Herman van Rompuy. A ces trois Présidents s’ajoutent le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, qui assure la présidence semestrielle de l’UE et celle de la vice-présidente de la Commission et Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, la Britannique Catherine Ashton. (avec AFP, 2/02/10) Cette organisation a été voulue par le traité de Lisbonne pour simplifier le fonctionnement de l’Europe… Défense de rire.

  2. Johann dit :

    @nanmaisdisdonc : merci pour votre intervention… Et pour le lien vers votre site qui me semble intéressant et que je ne connaissais pas… je vais l’ajouter à ma revue du web quotidienne !

  3. Stéphane dit :

    De liens en liens, je suis tombé sur un blog qui aborde le même sujet… fort différemment. Si le goût du scandale ne m’a pas échappé dans ces colonnes, je dois t’avouer que quelques articles du traité dit de Lisbonne m’ont un peu surpris ! C’est ici http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=9100

  4. Abu2007 dit :

    Johann : « Bref, revenons à des sujets plus passionnants : que penses-tu de mon dernier article sur l’Europe ? »

    En effet, tu as raison, si une chose peut sauver le MoDem, ce sont les idées et les débats, et l’Europe est un bon sujet :
    Plus de pouvoir au parlement, face à la commission, c’est une exigence démocratique pour les peuples européens. L’exemple de la commission Santé de l’Europe qui lance une commission d’enquête sur l’indépendance de l’OMS dans cette ténébreuse histoire de la grippe H1N1 est la preuve que le Monde a besoin de l’Europe, et aussi, cela dit en passant, que le parlement français est à la traîne par rapport au parlement européen (la commission a certes été demandé mais à reculons, contraint et forçé avec de multiples précautions). Comment ne pas partager aussi ton optimisme sur une Europe qui se construit avec les nouvelles générations !

    Par contre, j’apporterai quelques bémols : le principe de « subsidiarité » doit être selon moi constamment ré-affirmé pour lutter contre les tendances hégémoniques bien réels des bureaucrates européens : le fromage, le vin, bref le terroir ne doit pas être géré à ce niveau, sinon c’est du gros n’importe quoi et ce sera exploité par les nationalistes et les souverainistes de tout poil.

    Enfin, un autre bémol concernant les projets européens scientifiques : moins de politique et plus de science est la condition de la réussite et comme tu sais, ce n’est pas malheureusement toujours le cas.

    A bientôt j’espère pour de nouveaux échanges d’idées.

    Bien amicalement,
    Abu

  5. Abu2007 dit :

    Johann :

    tu vois dans mon courriel précédent que mon orthographe n’est pas irréprochable :-)

  6. Johann dit :

    @abu : quand le fond l’emporte sur la forme, je ne m’attache pas aux questions d’orthographe… ;)
    Pour le principe de subsidiarité, il existe et est même renforcé par Lisbonne, puisque la transmission des textes européens aux parlements nationaux est désormais obligatoire, et que chaque texte peut être retoqué au nom du principe de subsidiarité sur demande de plusieurs parlement (4 je crois, mais à vérifier)…
    Pour les projets européens scientifiques, c’est vrai que les questions politiques rentrent en jeu… Toujours assez fortement puisque, notamment, les grands financeurs de l’Europe aiment bien voir revenir leur argent à la maison…. Mais beaucoup moins qu’il y a quelques années néanmoins… Les processus d’évaluation ont été totalement revus, les grilles sont nouvelles depuis le début du FP7, et je dois avouer qu’il est de plus en plus complexe d’obtenir des infos, même en off, sur les évaluations en cours… Pas forcément génial pour les réseaux déjà bien constitués auxquels nous avions de notre côté réussi à nous raccrocher ;-) , mais très bien d’un point de vue « éthique »…

  7. Yves Clément dit :

    Ce fut une belle soirée avec environ 150 participants, de diverses nationalités. C’est enrichissant et le dialogue est réel. Et puis le brassage des cultures, des experiences et des opinions est vraiment un atout fort du MEF. Ca change d’autres cercles !

    Pour info, la prochaine soirée débat du MOUVEMENT EUROPEEN LOIRET devrait voir intervenir à Orléans en avril, le consul général du Portugal à Paris.

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