Actuellement, on peut identifier essentiellement deux moyens de trouver des fonds en région Centre : l’association Val de Loire Angels, qui regroupe un certain nombre de business angels, et Capital Centre Développement, un fond de proximité basé à Orléans.
Je trouve que si l’offre est intéressante, elle est à mon avis trop restreinte pour favoriser le développement du tissu économique, et ce pour diverses raisons.
Les business angels sont capables d’accompagner des projets avec des besoins relativement faibles : aux environs de 100 à 200 k€ max, puisque le ticket moyen d’investissement d’un business angel doit se situer environ entre 10 et 15k, et qu’il est difficile de mobiliser au même moment, sur un seul dossier, plus de 10 contributeurs.
Ceci restreint le champ d’intervention des BAs à des projets qui sont à la fois à un niveau de développement très très early stage, et dans des domaines qui ne demandent pas de forts investissements de base : les secteurs industriels classiques et les domaines de la recherche, notamment dans les biotechs et les cleantechs ne sont donc pas évident à aborder par ce vecteur d’investissement.
Capital Centre Développement (CCD) est un acteur bien implanté localement. Cependant, de l’aveu même de sa présidente il y a quelques temps, lors d’une rencontre organisée par KPMG pour parler des pôles de compétitivité, les domaines des biotechs, cleantechs et de l’informatique ne sont pas le coeur de la cible d’investissement de CCD (ou alors, ce que je souhaite, je n’ai pas compris son intervention de l’époque).
Or, ce sont des secteurs d’avenir, dans lesquels il faut des investissements forts, et sur lesquels la région Centre se doit d’investir pour rester compétitive. Elle est de plus idéalement située sur un territoire qui peut à terme être desservi par plusieurs lignes de TGV, avec des jonctions faciles vers Paris et Lyon, dont on n’a pas à détailler l’importance économique, mais aussi vers Clermont-Ferrand qui possède un très beau biopôle, et vers Bordeaux et Toulouse, qui ne manquent pas d’atouts dans les domaines de la santé, des biotechs, et des cleantechs (labo INRA, cancéropôle, etc).
Ajoutez à ceci que, d’un point de vue éthique, CCD doit faire attention aux conflits d’intérêts potentiels entre ses prises de participation, et on comprend aisément qu’il serait bon d’éviter la situation actuelle en région Centre de monopole dans le domaine des VCs, ou plus précisément des seed funds, même si l’acteur actuel fait du bon boulot.
Car s’il est évident que pour un tour de table important, on va aller taper aux portes des VCs parisiens et internationaux, il me semble qu’il est important, fondamental et nécessaire de donner des moyens en local à des petites entités de seed fund, de proximité et réactives, pour qu’elles investissent dans des PMEs de croissance locales.
Ceci est d’autant plus vrai dans la situation actuelle de crise : on ne sortira certes de la crise que par l’investissement, mais pas nécessairement par de l’investissement dans des politiques de grands travaux. Je pense qu’il faut aussi investir massivement dans ces PMEs de croissance qui peuvent par la suite devenir des « machines à emplois » localement.
Alors voilà, j’ai planté le cadre, et je suis prêt à réfléchir et travailler sur le sujet. Qu’en pensez-vous et avez-vous des suggestions ?